Abdessamad et Mouniae B., une fratrie, ainsi que Khalil M., ont été jugés le 21 avril dernier par le tribunal de Bayonne pour trafic de stupéfiants, après une dénonciation anonyme à la police en 2021.
Khalil M., désireux de revenir à la vie tranquille de pizzaïolo, a vu ses espoirs anéantis. Lors de cette audience, il a exprimé, avec regret, qu'il ne pourrait pas échapper à son passé criminel : « J’ai joué et j’ai perdu ». Ce trio a été condamné à des peines de prison ferme pour des activités illicites impliquant du cannabis et de la cocaïne entre les villes d'Anglet et de Biarritz.
L'affaire s'est ouverte suite à une alerte anonyme en octobre 2021, ce qui a conduit à une enquête approfondie. Le procureur, Jean-Claude Belot, a qualifié ce réseau d'important, mettant en lumière des déplacements réguliers vers l’Espagne et un engrenage de communications par téléphone et sur les réseaux sociaux. Au fil des investigations, une vingtaine de clients entre les deux villes ont été identifiés.
Les accusés ont tous exprimé des regrets devant le tribunal, face à des preuves tangibles comme du matériel de conditionnement et des stupéfiants découverts lors de perquisitions. Cependant, malgré leurs aveux, ils ont nié l'existence d'un réseau organisé. Leur défense a tenté de présenter les trois accusés comme de simples amis, sans lien commercial, justifiant que chacun menait son propre projet.
L'avocate de Khalil M., Me Irigoin Carricaburu, a soutenu que son client avait débuté ses activités illégales en raison de la crise économique liée à la COVID-19, ayant perdu son emploi dans la restauration. Selon elle, il n’y avait aucun précédent négatif dans son parcours professionnel, ce qu'elle a appuyé en soulignant qu'il était intégré dans le marché du travail avant cet incident.
Un "service" à son frère
Abdessamad et Mouniae B., originaires du Maroc, ont également exprimé des circonstances atténuantes. Abdessamad, en situation irrégulière en France, a quitté son pays pour retrouver sa sœur aînée, déjà en France, durant la pandémie. Son avocat, Me Diallo, a fait valoir qu'il n'était qu'un consommateur, devenu victime des produits illicites.
Mouniae B., qui travaille dans la restauration, a été décrite comme rendant service à son frère. Malgré tout, les éléments de l'enquête montrent qu'elle aurait participé aux encaissements et mis son frère en relation avec quelques clients.
Au terme de ce procès, la présidente du tribunal, Florence Bouvier, a rendu son verdict : Abdessamad B. et Khalil M. purgeront chacun trois ans de prison, dont un an ferme, et seront condamnés à une amende de 5 000 euros. Abdessamad B. se voit également imposer une obligation de quitter le territoire français. Pour sa part, Mouniae B. a écopé d'une peine moins sévère, soit deux ans de prison, dont un an ferme, et devra s'acquitter de 2 000 euros d’amende.







