Ayoub El Khazanni, Sofien Ayari et Bryan d'Ancona sont des noms tristement célèbres au sein du jihadisme en France. Le premier a été condamné à perpétuité pour un attentat déjoué en 2015, le second à 30 ans de prison après les attaques du 13 novembre 2015, et le dernier a été mis en examen pour avoir rejoint un recruteur en Syrie.
Leurs revendications, partagées par six autres détenus, portent sur un "mouvement collectif" initié depuis leur cellule. Ce groupe a récemment adressé une lettre manuscrite aux autorités pénitentiaires. Dans ce courrier, rendu public par plusieurs médias, ils demandent le droit à une heure de promenade à l'air libre, estimant que ce droit n'est plus respecté au Quartier de Prévention de Radicalisation (QPR) d'Aix-Luynes. Ils critiquent aussi les conditions de fouilles intégrales et demandent à garder leur sous-vêtement pendant celles-ci.
“Le QPR est un trompe-l’œil, un isolement déguisé qui engendre une radicalisation accrue chez les détenus dont les droits sont négligés,” déclare leur avocat, Me Romain Ruiz.
Une faute disciplinaire pour l'administration pénitentiaire
L'administration pénitentiaire affirme avoir constaté un "début de mouvement collectif" et un refus de la part des détenus de participer aux activités prévues, ce qui lui semble compromettre la sécurité de l’établissement. Elle soutient que les conditions de détention dans ce quartier sont conformes aux normes juridiques.
Les sanctions appliquées varient de l’avertissement à cinq jours d'isolement disciplinaire. L'avocat des détenus envisage de contester ces mesures, et ses clients envisagent de déposer une plainte pour atteinte à leur liberté d'expression. Selon les experts, cette situation illustre des tensions croissantes autour des droits pénitentiaires, notamment concernant les détenus radicalisés, un sujet qui fait débat au sein de la société française.







