Gérald Darmanin a présenté ses excuses à la famille de Lyhanna ainsi qu’aux Français, "légitimement choqués" par les défaillances constatées, après que le corps de la jeune fille a été retrouvé dans le Gers. Des critiques fusent sur la lenteur de la justice, alors que plusieurs signalements avaient été faits concernant le principal suspect, Jérôme B.
Ce qu’il faut retenir :
- Les autopsies ont confirmé que le corps découvert à Puycasquier (Gers) est celui de Lyhanna, disparue depuis le 29 mai. Jérôme B., visé par des plaintes pour viol en 2022 et 2025, est le principal suspect.
- Darmanin a dénoncé des dysfonctionnements graves dans le suivi des plaintes, et a promis des sanctions si les dysfonctionnements étaient avérés.
- Les syndicats de magistrats dénoncent une recherche de boucs émissaires et mettent en avant le manque de moyens au tribunal d’Auch, alerté depuis avril 2025.
Gérald Darmanin a exprimé sa colère sur le plateau du 20H de TF1, déclarant que "l’institution judiciaire n(a) pas su protéger" la fillette et qu’il y avait eu des "manques" dans le suivi des plaintes. "L'indépendance" des magistrats ne doit pas rimer avec "irresponsabilité", a-t-il prévenu.
Le corps retrouvé jeudi est bien celui de Lyhanna
Les autopsies ont confirmé, par ADN, l'identité de Lyhanna. Le procureur d'Agen a précisé que, pour le moment, les causes de la mort restaient indéterminées.
Les parents de Lyhanna, par l'intermédiaire de leur avocat, ont annoncé leur participation à une marche blanche en hommage à leur fille, remerciant ceux qui ont aidé depuis le début des recherches.
Un suspect déjà visé par des plaintes
Jérôme B., père de deux enfants et connu de Lyhanna, a été mis en examen pour enlèvement et séquestration. Son passé criminel, incluant des plaintes pour viol sur mineure en 2022 et 2025, suscite l'inquiétude. La première plainte a été classée sans suite, la seconde est toujours en cours d’examen.
Aurélien Martini, du Syndicat des magistrats, a exprimé son mécontentement sur les fora, affirmant qu’il y a une "impression de chercher des boucs émissaires" sans une analyse profonde de la situation.
Des moyens insuffisants pour agir
Manon Lefebvre, du Syndicat de la magistrature, a souligné que la question n'est pas seulement de "déclarer que cela doit être fait", mais qu'il faut également des moyens adéquats pour concrétiser ces déclarations. Le manque de ressources a déjà été dénoncé par de nombreux avocats et députés.
Depuis des mois, des responsables politiques, dont le député David Taupiac, luttent pour attirer l'attention sur le manque de magistrats et de greffiers au tribunal d’Auch, entraînant des dysfonctionnements notables. "Cela a perturbé le travail de la justice", a-t-il déclaré.







