Le tribunal correctionnel de Pau a jugé une affaire particulièrement inquiétante le 15 juin dernier. Le 6 avril, entre 16h45 et 17h15, une jeune mère de deux enfants, âgée de seulement 20 ans, prenait la direction de la maison de sa mère lorsque Stéphane Rotge, un homme de 50 ans, l’a interpellée depuis son balcon, lui demandant de l'aide pour un déménagement.
Ne lui laissant aucune possibilité de refuser, il a pris la jeune femme par les poignets et l’a conduite jusqu’à son appartement, fermant la porte derrière eux. Selon les dires du président du tribunal, Jérémy Forst, après l'avoir enfermée, l'homme a demandé un "câlin". La victime, réalisant la gravité de la situation, est alors plongée dans un véritable cauchemar.
L'agresseur se jette sur elle, qui tente de crier à l'aide. En luttant, elle se débat et l'agresseur tente de l'étouffer en plaçant sa main sur sa bouche tout en essayant de l'injecter avec une aiguille remplie de cocaïne. Dans un moment de survie, la jeune femme réussit à convaincre son agresseur de lui ouvrir la porte, risquant sa vie pour s'échapper et se réfugier chez sa mère.
Des antécédents inquiétants
Stéphane Rotge a tenté de minimiser ses actions lors du procès, affirmant que tout était une incompréhension, mais les éléments de preuve et sa propre admission de culpabilité lors des interrogatoires ont pesé lourd dans la balance du tribunal. En effet, il avait déjà été condamné pour des faits similaires en 2001 près de Metz.
Me Julien Marco, avocat de la victime, a souligné que cette affaire rappelle la brutalité des comportements violents à l'égard des femmes, ajoutant que la témérité de la victime dans sa lutte pour sa survie était admirable.
Une société en colère
Le procureur a insisté sur la nécessité de protéger la société de ce type d'individu, réclamant une peine sévère. "Si elle n'avait pas réussi à s'échapper, les conséquences auraient pu être bien plus tragiques", a-t-il déclaré. Le jugement est tombé : cinq ans d'emprisonnement, dont quatre ferme, avec en outre une obligation de soins et une inscription au fichier des agresseurs sexuels.
Cette affaire, comme le soulignent plusieurs experts, est un cri d'alarme sur la violence faite aux femmes. À l'heure où le mouvement #MeToo se renforce, les juges, avocats et les acteurs de la société civile appellent à une plus grande vigilance et à une répression plus sévère envers les agresseurs. Comme le rappelle une étude de l'association SOS Viol, "la lutte contre les violences faites aux femmes doit passer par des peines exemplaires."







