Le 15 juin, le Parlement hongrois a voté, avec une large majorité, l’inscription dans la Constitution d’une limite de huit ans pour l’exercice de la fonction de premier ministre, une décision qui marque une rupture significative avec l’héritage de Viktor Orbán.
Ce texte, qui s'inscrit parmi les propositions de campagne du conservateur pro-européen Péter Magyar, visait à mettre un terme aux 16 années de pouvoir d'Orbán. Lors du vote, 135 parlementaires se sont exprimés pour, tandis que 50 ont voté contre et six se sont abstenus.
« Un pouvoir sans limite finit par perdre la perspective de la retenue », a souligné Magyar en justifiant cette réforme. Il a ajouté : « À un moment donné, il n’existe plus de distinction entre les intérêts de l’État, ceux du parti et ceux du dirigeant, il est donc crucial d’inciter tout élu à envisager sa succession. »
Pour Magyar, cette réforme constitue un pilier de son programme visant à « rétablir l’État de droit ». Il s'agit d'un moyen de prévenir la concentration d'un pouvoir durable et centralisé, déjà critiqué par le passé.
Le parti Fidesz de Viktor Orbán, désormais dans l'opposition, s'est opposé à cette initiative, arguant qu'une telle limitation pourrait restreindre la volonté du peuple. Sur Facebook, Orbán a sarcastiquement commenté que « la loi Orban avait été adoptée », tout en affirmant : « Si l’on a besoin de moi, je serai là. » Ce changement marque la 16e révision de la loi fondamentale depuis son adoption en 2011.
Bien que certains pays imposent une limite de mandat à leurs dirigeants, cela concerne principalement les présidents. En Hongrie, la fonction présidentielle, largement protocolaire, ne permet déjà qu'un seul mandat de cinq ans.
Cette nouvelle loi ne ferme toutefois pas la porte à un éventuel retour d’Orbán, car elle pourrait être annulée par une future modification constitutionnelle, nécessitant une majorité qualifiée des deux tiers. Pendant ce temps, le parti Tisza a également supprimé une clause visant à protéger l'identité nationale et la culture chrétienne, une décision qui soulève des inquiétudes quant à la direction future de la politique hongroise.
De plus, un projet de loi visant à dissoudre l’Office de protection de la souveraineté, une agence controversée mise en place par Orbán pour surveiller les médias et ONG qu'il accusait de servir des intérêts étrangers, sera examiné prochainement par le Parlement. Cette agence, qui n'a publié aucun rapport officiel depuis la victoire électorale de Péter Magyar, a été au centre de nombreuses critiques concernant les atteintes à la liberté de la presse et à l’indépendance des médias, comme l’a rapporté Le Monde.







