Donald Trump a fait son arrivée au sommet du G7 à Evian, en France, avec en poche un accord controversé visant à rouvrir le détroit d'Ormuz d'ici vendredi. Malgré cette avancée, le président américain a choisi de minimiser l'initiative multinationale proposée par Emmanuel Macron, visant à sécuriser ce passage maritime névralgique.
L'accord, bien que secret pour l'instant, devrait être détaillé lors d'un dîner prévu lundi soir en présence des autres dirigeants du G7, comprenant l'Allemagne, le Canada, l'Italie, le Japon et le Royaume-Uni, ainsi que mardi avec les chefs d'État de l'Égypte, des Émirats arabes unis et du Qatar.
Cependant, l'ambiguïté de la réaction des autorités iraniennes et américaines soulève des questions sur la viabilité de cet accord. À son arrivée à Genève avant d'atteindre Evian, Donald Trump a été accueilli par le directeur du protocole français, et non par Emmanuel Macron comme prévu, illustrant d'emblée les tensions existantes.
Les deux hommes, qui entretiennent une relation fluctuante depuis près d'une décennie, se sont rencontrés pour un tête-à-tête dont l'atmosphère semble avoir perdu un peu de la cordialité des premières rencontres. Trump a qualifié Macron d'"ami spécial", tout en se montrant peu enthousiaste à l'idée d'une force multinationale pour sécuriser le détroit d'Ormuz.
Le président américain a signalé qu'il n'était pas convaincu de la nécessité d'un soutien extérieur, bien qu'il ait daigné reconnaître qu'un ou deux navires d'autres pays pourraient s'avérer utiles. Emmanuel Macron a, quant à lui, confirmé son offre d'assistance, tout en admettant qu'elle pourrait ne pas être nécessaire ou désirée.
Concernant les possibles péages pour traverser Ormuz, Macron a insisté sur l'importance de respecter le "droit international" et d'éviter une nouvelle hausse des prix, garantissant ainsi que Trump partageait ce point de vue.
Les nations du G7, à l'exception des États-Unis, avaient déjà écarté toute participation à une guerre au Moyen-Orient, ce qui avait suscité des critiques de la part de Trump. D'autres dirigeants, tels que le Britannique Keir Starmer et le Canadien Mark Carney, ont également pris part à ce sommet dont l'agenda est riche et complexe, abordant notamment des thèmes comme le commerce, la technologie et la situation en Ukraine.
Avant son arrivée en France, Trump n'a pas hésité à mettre la pression sur Paris, menaçant d'imposer des droits de douane sur le vin français si des taxes impactant les géants technologiques américains n'étaient pas levées. Ce discours a reçu une réponse ferme de Macron, qui souhaite maintenir une atmosphère de coopération jusqu'à la conclusion du sommet.
Enfin, sur la question ukrainienne, la position de Trump reste floue. Alors que les attaques russes continuent de faire des ravages, incluant la destruction d'une cathédrale à Kiev, le président américain a semblé ouvert à des discussions, mais sans engagement ferme. Emmanuel Macron et ses pairs européens préparent des sanctions additionnelles contre la Russie, tout en tentant de maintenir une pression sur Moscou pour qu'elle entre en négociations.







