Dans une affaire qui soulève de nombreuses interrogations sur le comportement des forces de l'ordre, le parquet de Marseille a requis des peines de prison ferme de 23 et 24 mois contre deux policiers de la brigade de nuit. Accusés d'avoir violemment frappé une serveuse et trois clients d'un snack en état d'ébriété, ces fonctionnaires doivent désormais répondre de leurs actes devant la justice.
Lors du procès, la procureure Marie-Aude Fichet a décrit les policiers comme se comportant comme « des miliciens privés », situation qui témoigne d'un profond malaise au sein de la police marseillaise. Elle a aussi souligné que « Marseille n'avait pas besoin d'une police parallèle » tout en demandant une interdiction de fonction publique de trois ans pour les deux accusés.
Les faits se sont déroulés dans la nuit du 5 juillet 2025. Anthony H., 31 ans, et Mehdi B., 37 ans, étaient en dehors de leurs horaires de service lorsqu'ils ont commencé à s'en prendre à la serveuse d'un snack. Cette dernière avait récemment géré un différend entre clients en toute sérénité, mais l'intervention des policiers a rapidement dégénéré, la serveuse étant poussée avec violence contre la vitrine de l'établissement.
Des vidéos de la scène, présentées au tribunal, montrent les policiers se comportant de manière agressive, avec des propos tels que « c'est moi la police, c'est moi qui commande ». De nombreux témoins affirment que l'un des policiers a utilisé une matraque télescopique pour frapper un jeune client qui tentait de défendre la serveuse.
Les antécédents judiciaires des deux hommes, incluant des condamnations pour violence et alcoolisme, ont également été évoqués lors des audiences. Anthony H. a déjà été sanctionné à plusieurs reprises, notamment pour des violences conjugales. Ce contexte soulève des interrogations sur la sélection et le contrôle des policiers en service. La procureure a ainsi questionné : « Que font-ils encore dans la police avec de tels casiers judiciaires ? »
Le tribunal rendra son verdict le 11 février. Dans l'intervalle, des manifestations sont prévues pour soutenir les victimes et dénoncer les violences policières, un sujet de plus en plus en discussion parmi les citoyens de Marseille et au-delà, comme l'indique France Info.







