Ce lundi, à Marseille, débute un procès marquant impliquant six agriculteurs des Bouches-du-Rhône et de la Drôme, ainsi que leurs fournisseurs, accusés d'un vaste trafic de pesticides prohibés. Ce phénomène soulève des inquiétudes parmi les associations environnementales, qui agissent désormais en tant que parties civiles.
Entre janvier 2018 et septembre 2024, environ 3,5 tonnes de produits chimiques interdits ont été importées d'Espagne, mettant ainsi en lumière des pratiques frauduleuses qui, selon La Provence, deviennent de plus en plus parti prenante dans le secteur agricole européen. Ce cas représente non seulement une menace pour la santé publique, mais aussi pour les écosystèmes fragiles.
Des cultures variées telles que melon, tomate, et kiwi ont potentiellement été exposées à ces produits toxiques. Cependant, il reste difficile d’évaluer la quantité précise de substances utilisées sur les récoltes, avoue l’association France Nature Environnement PACA. Ces agriculteurs professionnels ont trompé de nombreuses enseignes de la grande distribution, faisant en sorte que des fruits et légumes contaminés se retrouvent dans les rayons des supermarchés et, finalement, dans nos assiettes.
Les réactions des experts ne se sont pas fait attendre. Jean-Marc Mélaine, un agronome reconnu, fait remarquer : "Ce genre de trafic met en péril non seulement la sécurité alimentaire, mais aussi l’intégrité des systèmes agricoles. Il est impératif de renforcer les contrôles pour préserver la santé des consommateurs et l’environnement".
Des associations telles que Générations Futures et la Confédération paysanne appellent à la vigilance et à une collaboration accrue entre les acteurs du secteur pour éradiquer de telles pratiques. Ce procès, qui se déroulera sur trois jours à la caserne du Muy, est donc un moment charnière pour affronter les dérives d’un secteur en crise.







