Après une longue attente de sept ans, Jérôme Rodrigues a reçu confirmation que le policier suspecté de l'avoir éborgné lors d'une manifestation des Gilets jaunes à Paris en janvier 2019 sera jugé. Cette information, rapportée par BFMTV, marque une étape significative dans cette affaire.
« Je ressens un mélange d'espoir et de méfiance. Je pense aussi à tous les autres qui attendent désespérément justice », déclare Jérôme Rodrigues, une figure emblématique du mouvement qui a émergé à l’automne 2018.
Brice C., le policier en question, devra répondre de violences ayant causé une mutilation permanente lors de l’exercice de ses fonctions, un crime qui pourrait lui valoir quinze ans de réclusion criminelle, indique Le Parisien.
Gilles-William Goldnadel, l'avocat de Brice C., a exprimé son indignation face à cette décision, affirmant que son client se sent déçu mais toujours combatif. Ce dernier, membre des compagnies d’intervention (CSI), continue d'exercer ses fonctions au sein de la police.
23 Gilets jaunes éborgnés
L'incident s'est produit le 26 janvier 2019, lors d'une manifestation où la tension était palpable, conduisant à des échanges de projectiles entre manifestants et forces de l'ordre. C’est dans ce contexte qu’un tir de grenade de désencerclement a causé la perte de l'œil droit de Jérôme Rodrigues.
L'avocat du policier soutient qu'il a agi « en état de légitime défense », évoquant un contexte d'insurrection. Cependant, des preuves et des témoignages recueillis par les enquêteurs montrent que le groupe de Jérôme Rodrigues n'était pas impliqué dans des actes violents. Les juges ont ainsi conclu qu'il n'y avait pas eu de justification pour l'utilisation de la force dans cette situation.
Jérôme Rodrigues a également partagé ses réserves concernant l'absence de poursuites contre les responsables ayant ordonné l'utilisation de la force. Au moins 23 manifestants ont été éborgnés durant les mouvements des Gilets jaunes, selon des chiffres rapportés par l'AFP.







