Un groupe d'anciens élèves et de professeurs de l'École du Comédien de Reims a récemment signalé des comportements problématiques au procureur de la République. Certains témoignages évoquent des « dérives sectaires », bien que le terme « gourou » ne soit pas explicitement mentionné. Ces allégations préoccupantes ont été mises en lumière par un collectif visant à défendre les élèves, suite à un manque de réponses satisfaisantes de la direction.
« Nous avons tiré la sonnette d'alarme sur ces dysfonctionnements en novembre, mais notre directeur, Pascal David, a minimisé nos préoccupations », indique Aloïs Menu, un intervenant dont le contrat a pris fin en mars. En janvier, le collectif intitulé « Défense des élèves et des intervenants en formation artistique » a vu le jour, rassemblant d'anciens élèves et des intervenants de l'école.
Afin de comprendre l'ampleur de la situation, le collectif a découvert un taux d'abandon de plus de 50 % parmi les élèves, un chiffre alarmant pour une structure privée coûtant 7 300 euros pour deux ans. De nombreux témoignages de détresse ont été collectés récemment.
« Le directeur a une emprise persistance sur ses élèves, même après leur départ de l'établissement. Certains craignent des représailles ou d'être blacklistés dans le milieu », souligne Menu. Le directeur, qui cumule plusieurs rôles au sein de l'établissement, est souvent en contact direct avec les jeunes comédiens.
Clémence, une ancienne élève, raconte : « Au bout de deux mois de formation, j'ai été forcée de jouer des scènes de proximité physique alors que cela me mettait extrêmement mal à l'aise. J'ai même pleuré en rentrant chez moi. »
Le directeur ne commente pas
Une autre étudiante, qui préfère rester anonyme, évoque une scène devenue malsaine où un camarade devait la chevaucher sur un canapé. Ces témoignages s'accumulent, tous évoquant des comportements sexistes et des abus de pouvoir. Menu s'inquiète également : « Sur les plateaux de tournage, des coordinateurs d'intimité veillent à ce que des pratiques semblables ne surviennent pas. Il n'est pas acceptable de voir de telles méthodes dans une école. »
Le collectif, face à cette détresse croissante, reçoit de nouveaux témoignages chaque jour, illustrant un climat d'anxiété et de contrôle malsain. « Des élèves souffrent d'emprise psychologique et de troubles dépressifs à cause de la direction. J'ai encore des cauchemars le concernant », confie Lucie.
En réponse à ces accusations, le collectif prévoit de déposer une plainte avec l'appui d'un avocat. Un dossier conséquent, contenant 500 pages, a déjà été transmis au procureur de la République. Le groupe réclame la fermeture de l'établissement et la mise en cause de son directeur. De son côté, Pascal David dément toutes les accusations portées contre lui, mais n'a pas répondu à notre demande d'interview.







