Des hommes armés non identifiés ont mené une attaque meurtrière dans un bar de Jos, la capitale de l'État instable du Plateau, entraînant des représailles violentes. Selon des sources locales rapportées par l'Agence France-Presse (AFP), le bilan s'élève à environ une trentaine de victimes.
Le Plateau est historiquement marqué par des violences qui découlent principalement de conflits fonciers entre agriculteurs et éleveurs. Bien que la ville de Jos ait connu des violences dans le passé, des attaques aussi meurtrières y ont été rares ces dernières années.
Kabiru Sani, vice-président du conseil local du district nord de Jos, a indiqué à l'AFP qu'au total, 27 personnes auraient perdu la vie, alors que Nurudeen Hussaini Magaji, de la Croix-Rouge locale, évoque un bilan total de 33 morts. "Les assaillants ont ouvert le feu dans un bar", a déclaré Mangalle Idris, un responsable de la jeunesse locale. Puis, une foule en colère aurait attaqué des passants, provoquant encore plus de décès.
Le gouvernement de l'État a déclaré que des enquêtes étaient "en cours" tout en annonçant un couvre-feu dans le secteur nord de Jos jusqu'à mercredi.
Impunité et tensions ethniques
Les violences dans l'État du Plateau sont souvent alimentées par des affrontements entre agriculteurs, majoritairement chrétiens, et éleveurs musulmans, surtout peuls, au sujet de l'accès à la terre. Les experts s'accordent à dire que le changement climatique, l'exploitation minière illégale et la croissance démographique alimentent la crise actuelle.
Certaines voix, notamment des responsables politiques nigérians et américains, évoquent un motif religieux, bien que la majorité des experts remettent en question cette perspective. Le Plateau a déjà été le théâtre de conflits meurtriers en 2001 et 2008, mais les chercheurs s'accordent à dire que la violence actuelle est davantage liée à des enjeux environnementaux et socio-économiques.
En parallèle, une attaque a eu lieu dans l'État de Kaduna où des hommes armés ont vigilé une fête de mariage, tuant 13 personnes selon un rapport de l'ONU. Le président de l'Union des peuples du sud de Kaduna a évoqué un bilan légèrement inférieur de 12 morts. La police a confirmé l'attaque sans fournir de détails supplémentaires.
Kagarko, localisé au sud de l'État, est particulièrement touché par la violence des "bandits" et les confrontations entre éleveurs musulmans et agriculteurs chrétiens, exacerbées par des luttes pour les ressources et les terres, aggravées par un climat de tension.







