Jérôme Gicquel
L'essentiel
- Des attaques répétées sur les infrastructures de désalinisation alimentent des inquiétudes sur une guerre de l'eau.
- Ces usines, essentielles à la conversion de l'eau de mer en eau douce, sont vitales pour les nations du Golfe, surtout en période de sécheresse.
- « Sans eau désalinisée, il n'y a plus de subsistance pour les populations locales », affirme Esther Crauser-Delbourg, experte en la matière.
Récemment, une usine de désalinisation au Koweït a été ciblée par des frappes, entraînant la perte d'un travailleur et des pertes considérables. Les nations du Golfe ont immédiatement attribué la responsabilité à l'Iran, qui dément les accusations, pointant plutôt vers Israël. Ce n'est cependant pas un événement isolé ; depuis le début des hostilités au Moyen-Orient, ces installations stratégiques sont la cible de frappes fréquentes. En réponse aux bombardements israélo-américains, l'Iran a intensifié ces attaques, visant expressément les usines de dessalement, créant ainsi un climat de tension autour de la ressource la plus précieuse - l'eau.
Selon l'économiste de l'eau Esther Crauser-Delbourg, l'attaque ciblée contre ces infrastructures essentielles met en lumière une dimension militaire rarement abordée. Évoquant des précédents, elle souligne que s'attaquer à un système d'approvisionnement en eau équivaut à frapper au cœur d'une nation. Au Koweït, 90 % de l'eau douce provient de ces usines, et cette dépendance critique souligne l'importance stratégique de telles installations.
La guerre de l'eau, un enjeu crucial
Les répercussions se font déjà sentir : « Sans eau désalinisée, les populations subissent d'importantes pertes. Cela touche directement leur économie, leur agriculture et leur prospérité globale », assure Esther. En effet, le risque d'une crise humanitaire se profile, aggravé par des exodes massifs si les frappes continuent de cibler ces infrastructures.
Les menaces amplifiées par des figures politiques
Les tensions sont exacerbées par des déclarations de personnalités influentes comme Donald Trump, qui a ouvertement menacé de détruire des installations irakiennes, y compris des complexes de désalinisation. Avec de telles menaces, le danger d'une escalade incontrôlable se rapproche, jusqu'à envisager une guerre qui pourrait replacer l'eau au centre des conflits géopolitiques.







