L'Asie est actuellement en proie aux conséquences les plus sévères de la guerre qui ravage le Moyen-Orient. Selon Jean Maynier, président de la société d'analyse maritime Kpler, ce conflit se traduit par une crise énergétique particulièrement alarmante.
Maynier a exprimé ses inquiétudes lors d'un entretien avec l'AFP, soulignant que l'Asie est désormais la région la plus touchée. « L'absence de ressources énergétiques suffisantes est un défi majeur pour des pays comme la Chine, les Philippines et l'Indonésie », a-t-il noté, annonçant ainsi une véritable défaillance énergétique.
La fermeture du détroit d'Ormuz a déjà eu des répercussions visibles, notamment aux Philippines où une « urgence énergétique nationale » a été déclarée. Cette situation est jugée « catastrophique » pour l'Asie, et les perspectives sont sombres si le conflit se prolonge.
Kpler, fondée en 2014 à Bruxelles, est reconnue comme une agence mondiale de premier plan dans l'analyse des données maritimes. Elle est notamment responsable de la surveillance des « flottes fantômes », c'est-à-dire des navires opérant hors des circuits traditionnels.
Actuellement, l'acheminement de pétrole brut vers l'Asie est presque inexistant, ce qui entraîne une réduction inquiétante des stocks. Maynier a précisé que son entreprise anticipait déjà une confrontation avec l'Iran, bien que le timing de l'attaque ait été une surprise.
Le président de Kpler a également pointé du doigt la durée de cette crise, qui semble s'intensifier en Asie. Pour mieux comprendre la situation, Kpler utilise des techniques avancées de suivi, y compris la technologie satellite, pour analyser l'activité maritime.
Les navires dits « fantômes » désactivent souvent leur système de suivi pour échapper aux contrôles, notamment lorsqu'ils sont impliqués dans le transport de pétrole sous sanctions. « Ces navires modifient leur transpondeur pour opérer dans l'ombre », a-t-il ajouté.
Kpler surveille particulièrement le détroit d'Ormuz depuis les récentes attaques. Le week-end dernier, 17 navires ont réussi à traverser cet axe vital, un chiffre qui reste bien en deçà des niveaux pré-conflit. Entre le début de mars et aujourd'hui, la fréquentation a diminué de 95%, un chiffre alarmant pour le commerce maritime.
Le ministre iranien des Affaires étrangères a affirmé que ce détroit reste ouvert pour les nations amies, alors même que les tensions persistent. Ce contexte complexe souligne l'urgence d'une réponse coordonnée face à une crise énergétique qui s'annonce de plus en plus aiguë en Asie.







