Après trois années de crise marquées par des défis multiples, le secteur de la construction espère enfin apercevoir des signes de reprise. En effet, comme le souligne la Fédération des promoteurs immobiliers (FPI), le marché se trouvait encore "à un point bas" en début février, bien en dessous de la moyenne quinquennale.
Les dernières statistiques du ministère de la Ville et du Logement montrent que les permis de construire ont progressé de 3,3% en février, atteignant 33.151 autorisations. En revanche, en janvier, ce chiffre avait enregistré une baisse de 1,5%, bien que moins dramatique que la prévision de -6% initialement attendue.
Ce niveau est "proche de la moyenne des douze derniers mois", comme l’indique le gouvernement. Cette hausse est en partie attribuée à l’augmentation des logements collectifs autorisés (+5,3%, soit 20.681 permis), tandis que les logements individuels se maintiennent à 12.470 permis, selon le Service des données et études statistiques (SDES).
Il convient toutefois de replacer ces chiffres dans leur contexte : "De mars 2025 à février 2026, 387.944 logements ont été autorisés, ce qui représente une baisse de 5,1% par rapport à la moyenne des cinq années précédentes" (SDES).
Les mises en chantier n'ont pas encore atteint leur point bas
Il est encore "trop tôt" pour envisager une véritable relance, selon la FPI, qui signale que les réservations des logements en état futur d’achèvement (Vefa) ont poursuivi leur déclin l'an dernier, avec une baisse de -10,8% en 2025, et -19,6% au quatrième trimestre par rapport à la période 2019-2025. Cela témoigne d'un faible intérêt pour l'investissement locatif, essentiel à la dynamique de construction de logements collectifs.
Les mises en chantier continuent de s'effondrer, avec une prévision de -1,6% (27.158 chantiers) pour février 2026, après un recul plus important que prévu de -3,1% en janvier.
La moyenne sur les 12 derniers mois reste également "17,7% en dessous de la moyenne des cinq dernières années, avec 283.000 logements mis en chantier" (SDES).
La construction neuve traverse une crise majeure depuis trois ans, exacerbée par la hausse des coûts de construction et des taux d'intérêt, rendant de nombreux projets d'achat immobilier inaccessibles pour les ménages. L’exclusion de mesures de soutien à l'investissement locatif, avec la disparition du dispositif fiscal Pinel en 2025, a également découragé les investisseurs particuliers.
Le climat géopolitique, en particulier les conséquences du conflit au Moyen-Orient, soulève également des inquiétudes quant à l'augmentation potentielle des coûts de certaines matières premières, telle que le béton. Comme l'indiquent plusieurs experts, ces variables pourraient avoir un impact considérable sur les emprunteurs si l'inflation se poursuit dans le temps.







