Proche de Washington et de Moscou, le Premier ministre hongrois voit son pouvoir menacé par l'opposant Péter Magyar. À Budapest, la campagne bat son plein.
De notre envoyé spécial à Budapest
Incontournable, la propagande électorale s'impose tout au long des 20 kilomètres reliant l'aéroport à la capitale. À Budapest, les affiches de Viktor Orbán dominent les tramways, accompagnées d'un slogan vibrant : « Unissons-nous contre la guerre ! » Labellisé Fidesz, Orbán se prépare à un cinquième mandat lors des élections législatives du 12 avril.
Les adversaires politiques subissent un traitement bien moins favorable. Les campagnes présentent l'opposant Péter Magyar, le président ukrainien Volodymyr Zelensky et la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, comme des menaces potentielles. Les affiches lancent : « Ils veulent nous entraîner dans la guerre ! » En effet, la proximité d'Orbán avec la Russie ne fait plus aucun doute, renforçant la rhétorique de la peur.
Viktor Orbán attise les peurs de la guerre en Ukraine
Pour la première fois en seize ans, le premier ministre est confronté à une réelle menace sur son pouvoir. Selon un sondage de l'institut indépendant Medián, publié le 25 mars, 58 % des suffrages sont en faveur de Péter Magyar et de son parti, Tisza. Orbán, quant à lui, ne récolte que 35 % des intentions de vote. Son approche basée sur la peur a déjà fait ses preuves, mais des voix s'élèvent, comme celle d'Andras Ajtay, qui indique : « Les gens en ont assez. » Des conditions de vie précaires comme la saturation du système hospitalier ou les faibles salaires des enseignants soulignent les échecs de sa politique.
En effet, Gaële le Hannier, professeure au lycée français Gustave-Eiffel de Budapest, souligne : « L'opinion publique est partagée entre résignation et espoir. Les Hongrois doutent de la capacité à changer les choses. »
Des scandales qui empoisonnent la campagne
La campagne électorale, tendue, est marquée par de nombreux scandales. On parle d'intrusions informatiques orchestrées par les agences d'État, d'achats de votes et de contrats publics détournés par des proches d'Orbán. Ces affaires ternissent davantage l'image du Premier ministre.
« D’en haut, plus dure sera la chute »
Face à ces tensions, le consensus grandit chez les citoyens. Robert, un salarié d'une entreprise française à Budapest, exprime son « optimisme mesuré ». Les enjeux étant si cruciaux, certains craignent que l'élection soit perturbée par des forces extérieures. Les révélations répétées sur les proches d'Orbán affaiblissent son image. « Le roi est nu, » confie Robert.
Pour sa part, Andras Ajtay évoque le climat au sein du Fidesz, où le pessimisme commence à s'installer. « Ils pensent qu'ils vont perdre... D’en haut, plus dure sera la chute, » admet un membre du parti.
Les enjeux des élections historiques
Le 12 avril, les Hongrois voteront pour élire leurs 199 députés. Ce scrutin crucial opposera Orbán à Magyar, un ancien membre du Fidesz à la tête du parti Tisza. La couverture médiatique dévoilera les répercussions de cette élection sur l’économie et l’état de droit en Hongrie.







