Plus de cinq décennies après l'ultime aventure des astronautes du programme Apollo, une équipe composée de trois hommes et d'une femme s'apprête à prendre les cieux pour une odyssée lunaire de 10 jours. Cette épopée, prévue mercredi, signera le début d'une nouvelle ère pour la conquête spatiale américaine.
Au programme de la Nasa, la mission Artémis 2 s'envolera du mythique Centre spatial Kennedy en Floride à 18H24 (22H24 GMT), avec à bord les astronautes américains Reid Wiseman, Victor Glover, Christina Koch et le Canadien Jeremy Hansen.
"Nous sommes impatients, c'est un moment sans précédent," a confié Melinda Schuerfranz, une retraitée américaine, qui prévoit d'assister à ce grand départ depuis une plage à proximité. Son enthousiasme illustre le désir de redécouvrir l'espace, malgré l'indifférence qui a entouré ce projet coûteux de plusieurs milliards de dollars.
Les astronautes vont survoler le satellite naturel de la Terre, sans atterrissage, une première depuis Apollo 8 en 1968. Si tout se passe comme prévu, ils établiront un nouveau record en s'éloignant de la Terre comme jamais auparavant.
Une fusée orange de 98 mètres, non réutilisable, les transportera, tandis que la Nasa compte faire atterrir des astronautes sur la surface lunaire d'ici 2028, avant la fin du mandat présidentiel de Donald Trump, avec la vision d'une base lunaire qui servirait de tremplin vers Mars.
Christina Koch, première femme à participer à un vol lunaire, a exprimé son espoir que cette mission encourage chacun à voir la Lune non seulement comme un lieu de passage mais comme une destination à part entière.
Victor Glover et Jeremy Hansen marqueront également l'histoire, devenant respectivement le premier homme noir et le premier non-Américain à s'aventurer jusqu'à cet astre. Nommée d'après la déesse jumelle d'Apollon, cette mission se déroule dans un contexte où la Chine aspire à entrer dans l'histoire en marchant sur la Lune d'ici 2030.
Les motivations pour retourner sur la Lune sont nombreuses, indique Joshua Kutryk, astronaute canadien et fervent défenseur de ce projet. Loin d'être une simple réplique d'anciennes exploits, ce voyage symbolise une détermination à relever des défis technologiques et humains, selon lui.
L'expédition sera périlleuse, car le vaisseau n'a jamais transporté d'astronautes auparavant et doit franchir les 384.000 kilomètres si loin de notre planète, un voyage mille fois plus long que celui vers la Station spatiale internationale. Peggy Whitson, ancienne chef astronaute de la Nasa, rappelle que chaque membre de l'équipage doit veiller scrupuleusement à la précision de son travail, car des erreurs pourraient être fatales.
Un plan de secours est envisagé si de mauvais conditions météorologiques ou des imprévus techniques compliquent le lancement, une réalité non rare en Floride. Cependant, la Nasa perçoit cette mission comme cruciale pour établir un calendrier de retour sur la Lune, malgré les doutes des experts concernant la préparation des équipements nécessaires, notamment l'alunisseur en cours de développement à la demande des milliardaires tels qu'Elon Musk et Jeff Bezos.
En attendant, la Nasa espère réitérer le succès d'Apollo 8, qui avait rassemblé un milliard de téléspectateurs lors de son passage historique en 1968, une époque déjà marquée par des troubles sociaux aux États-Unis. Pour inspirer une nouvelle génération, l'administrateur de la Nasa, Jared Isaacman, promet que cette année, de nombreux enfants se déguiseront en astronautes pour Halloween, témoignant de la fascination persistante pour l'exploration spatiale.







