Ce petit royaume d'Afrique australe, où 25 % des adultes vivent avec le VIH, s’engage à éradiquer l'épidémie d'ici 2028 en déployant le lénacapavir, un médicament préventif révolutionnaire. Ce traitement pourrait transformer la lutte mondiale contre le VIH.
Dans une clinique de Lobamba, la capitale, Nompu, une femme de 27 ans, a été l'une des premières à recevoir les injections de ce traitement. Soulignant son importance, elle confie : "Avec ces injections, je me sens enfin protégée. Je n'ai plus à penser aux capsules quotidiennes qui m'inquiétaient tant." En effet, en avalant deux comprimés et en recevant deux injections, elle sera protégée pendant six mois, un soulagement inestimable dans un pays où le VIH cause tant de souffrances.
Dans l’enceinte de la clinique, la salle d'attente déborde de vie : pleurs d'enfants mélangés aux rires des femmes. Retrouvant un espoir, Nompu sort de la clinique avec des préservatifs et un calendrier pour ses prochaines injections, ne cachant pas sa satisfaction.
Nompu travaille dans le secteur du sexe depuis l'âge de 19 ans. La stigmatisation liée à sa profession est un lourd fardeau dans une société où le VIH touche énormément de femmes. "Je n’avais pas le choix, car mes clients préfèrent souvent ne pas se protéger. Cela me met en danger, comme bien d’autres autour de moi qui se battent quotidiennement contre ce virus", raconte-t-elle.
Le modèle de la réussite
L'Eswatini, dernière monarchie absolue d'Afrique, est à l’avant-garde des efforts mondiaux contre le VIH. Avoir reçu le lénacapavir est un exemple de sa volonté forte. En novembre 2025, moins de six mois après son approbation américaine, le pays a lancé sa campagne de vaccination préventive.
La nation a également atteint des niveaux record d'intervention dans le cadre des objectifs de l’Onusida. Selon des rapports récents, plus de 98 % des personnes vivant avec le VIH connaissent leur statut, et presque toutes ont accès à des antirétroviraux, ce qui pourrait faire de l'Eswatini un exemple à suivre pour d'autres États africains.
"Cette initiative pourrait servir de modèle pour d'autres pays, illustrant comment nous pouvons collectivement réduire la transmission du VIH", explique Mark Edington, directeur de la gestion des subventions à l’Onusida.
Réponse aux défis sociétaux
Cependant, l'impact de la pandémie de VIH est très inégal. Les femmes, en particulier, sont durement touchées ; leur taux d'incidence est nettement supérieur à celui des hommes. En conséquence, des initiatives comme celles de l'organisation MenEngage, qui promeut l'égalité des sexes et le droit des femmes, sont cruciales dans ce combat.
Les efforts de sensibilisation pour présenter le lénacapavir comme un nouveau standard de protection doivent être intensifiés. Toutefois, le pays fait face à des défis de maintien de stocks suffisants ; à peine 4 200 doses ont été livrées jusqu'à présent, et la demande est inégalement satisfaite.
"Chaque femme qui vient ici, même celles qui ne tomberont pas sous les catégories priorisées, mérite cette possibilité de se protéger. Notre programme est inclusif", assure Sindy Matse, responsable de la lutte contre le VIH en Eswatini.
Malgré des difficultés de financement aux États-Unis et en Europe, l'espoir reste de mise. Avec le soutien à long terme du Fonds mondial et des acteurs de terrain, l'Eswatini pourrait voir l’éradication du VIH devenir une réalité. L'optimisme, soutenu par des chiffres prometteurs, continue d’alimenter cette bataille aux enjeux colossaux. La route est longue, mais elle est pavée de détermination et d'espoir.







