Empli de chagrin, l'ingénieur Roozbeh Yazdi pleure la perte du pont B1, le plus grand ouvrage d'art d'Iran et du Moyen-Orient, récemment bombardé, un acte souligné par l'ancien président américain Donald Trump.
Ce vendredi, une visite de presse orchestrée par les autorités iraniennes a permis de découvrir l'étendue des dégâts à Karaj, une ville aux abords de Téhéran. Les autorités ont rapporté que les frappes ont impliqué « 12 bombes » lâchées sur ce symbole de fierté nationale.
Bien que les principaux piliers du pont soient restés debout, la structure a été profondément endommagée, coupée en deux, avec des explosions ayant ravagé ses extrémités. Les experts se demandent désormais si la restauration de ce monument, qui mobilisait une équipe de 700 personnes et dont l'inauguration était imminente, sera un jour envisageable.
« Nous avons investi tant d'efforts et de larmes dans ce projet, il était comme notre enfant », exprime Yazdi, visiblement affecté. D'autres membres de l'équipe partagent sa douleur, illustrant l'attachement émotionnel des ingénieurs à ce projet ambitieux.
Dans la vallée en contrebas, des familles profitent du plein air, tandis que des bâtiments sont laissés dévastés sans signe d'infrastructure militaire dans les environs. Selon les déclarations du vice-gouverneur d'Alborz, ces frappes ont causé la mort de huit civils, blessant 95 autres.
« Ce sont les infrastructures du peuple qui sont ciblées par les États-Unis et Israël », déplore Hamed Zekri, un autre ingénieur, visiblement dépassé par la situation : « Je suis tellement peiné que je n'arrive plus à en parler ». Pourtant, l'espoir demeure ; Zekri déclare : « Si Dieu le veut, nous allons le reconstruire ».
Trump a exprimé sa satisfaction face à la destruction du pont B1, sans clarifier les raisons d’un tel ciblage. « Le plus grand pont en Iran s'écroule et ne sera plus jamais utilisé », a-t-il écrit sur son réseau social Truth, accompagnant son message d'une vidéo des destructions.
Malgré ces attaques, Abbas Araghchi, le ministre des Affaires étrangères iranien, a répondu sur X, rappelant que frapper des infrastructures civiles ne conduira pas les Iraniens à céder. Le B1, d'une hauteur de 176 mètres et d'une longueur de 1.050 mètres, était en fait l'ouvrage le plus complexe d'Iran.
La construction de ce pont était essentielle pour améliorer le réseau autoroutier de Téhéran et réduire le temps de transport vers la mer Caspienne, une destination prisée. Après ces frappes, l'agence de presse Fars a publié une liste de ponts clés dans la région qui pourraient potentiellement être visés par des représailles.
Le pont Cheikh Jaber Al-Ahmad Al-Sabah, au Koweït, et le pont Roi Fahd reliant l'Arabie saoudite et Bahreïn figurent parmi les cibles possibles selon cette liste.







