La circulation dans le détroit d'Ormuz stagnante : entre cessez-le-feu et méfiance générale

Malgré un cessez-le-feu entre l'Iran et les États-Unis, le trafic maritime reste au ralenti.
La circulation dans le détroit d'Ormuz stagnante : entre cessez-le-feu et méfiance générale
Le détroit d'Ormuz, au Moyen-Orient, le 25 juin 2025. Crédit : Giuseppe CACACE / AFP

Malgré le cessez-le-feu de deux semaines annoncé entre Téhéran et Washington, le trafic maritime dans le détroit d'Ormuz reste dramatiquement réduit, atteignant une chute estimée à 90 % par rapport aux niveaux d'avant le début des hostilités dans la région, d'après l'Organisation maritime internationale (OMI) liée à l'ONU.

Cette situation délicate s'explique en partie par une méfiance persistante. Bien que l'on ait annoncé une réouverture partielle du détroit, en échange d'une trêve, le nombre de navires osant s'aventurer dans ce passage stratégique demeure très faible. Selon les estimations de Lloyd's List Intelligence, à peine 800 vaisseaux restent cloués au sol dans le Golfe, tandis que l'OMI évoque un nombre significatif de 2 000 bateaux et 20 000 marins immobilisés.

Damien Chevallier, responsable de la sécurité maritime à l'OMI, a affirmé que le trafic dans le détroit était toujours presque inexistant, avec seulement 10 à 11 navires par jour, ce qui reste 90 % inférieur aux chiffres d'avant la crise. Pendant la période allant du 1er mars au 7 avril, seul un maigre total de 307 passages de navires a été enregistré, selon des données de Kpler, propriétaire du site MarineTraffic.

Normalement, le détroit d'Ormuz est vital, car il représente environ 20 % du pétrole brut et du gaz naturel liquéfié qui transitent par les voies maritimes internationales. Ce goulet d'étranglement est crucial pour le commerce mondial de l'énergie.

Les compagnies et armateurs toujours pas encore rassurés

La nervosité est palpable au sein des compagnies maritimes. Richard Meade, rédacteur en chef de Lloyd's List, indique que la menace d'une nouvelle escalade de la violence fait peur : "Si un navire est touché, nous reviendrons à la case départ, car plus personne n'aura confiance." La compagnie allemande Hapag-Lloyd, l'un des leaders du marché, a même décidé de ne pas traverser le détroit, soulignant la "tension" de la situation et son "évaluation actuelle des risques". Selon un porte-parole de la société, "les prochains jours détermineront si l'ouverture du détroit sera effectivement viable".

À cette complexité s'ajoutent les implications économiques : l'incertitude ambiante continue d'alimenter des inquiétudes concernant les prix des denrées, selon des experts et divers analystes. Il est clair que la stabilité dans cette région stratégique est essentielle non seulement pour l'économie locale, mais pour l'ensemble du marché mondial.

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