Soins archi-numérisés et déshumanisés, fibromyalgie à reconnaître : les témoignages de deux lecteurs sur leur santé au quotidien.
C. Allereau, de Valence-en-Poitou (Vienne) : « J'ai l'impression que notre système médical s'éloigne des véritables besoins humains au profit d'une bureaucratie déshumanisante. J’étais soulagé d’avoir obtenu un rendez-vous pour une affection qui me tracasse, j’avais même pris des dispositions pour m’y rendre malgré mes limitations de transport. »
« Stoppons les effets délétères de notre société si fièrement connectée »
« À mon arrivée au service, j'ai été confronté à une borne complexe pour récupérer un ticket. Une voix électronique a appelé mon numéro, je me suis dirigé vers un bureau de verre où une secrétaire m’a demandé ma carte Vitale avant de me conduire à la salle d'attente.
« Dès que je me suis assis, on m’a appelé par mon nom. Le personnel essaie de rappeler ma dimension humaine mais le temps nous échappe. Je décide de garder mon identité alors que l’on m’impose un rythme frénétique et déshumanisant. J’ai remarqué une affiche m’invitant à donner mon avis via un QR code. Hésitant entre l’hilarité et la colère, j’ai finalement eu mon examen.
« Chaque jour, les effets néfastes de notre société ultra-connectée se font plus évidents. Sans interaction humaine, il est crucial de prendre conscience des dangers de l'isolement. Les machines ne contribuent pas à la sécurité sociale, ni à la solidarité intergénérationnelle... »
Haro sur la fibromyalgie
François Monnier, de Blois (Loir-et-Cher) : « Il existe des lacunes indéniables dans notre protection médicale, particulièrement sur des maladies invalidantes comme la fibromyalgie. Encore mal comprise, elle a été reconnue par l'OMS en 1992 et par la Haute Autorité de santé en 2025, mais ce sujet reste tabou, et de nombreux patients sont laissés pour compte. »
« La fibromyalgie, touchant principalement les femmes, est une maladie invisible qui provoque des douleurs chroniques, de l'épuisement et des troubles du sommeil. Ces symptômes debilitants rendent le quotidien très difficile.
« L'absence de traitement standardisé maintient la fibromyalgie dans une zone d’ignorance. Il est impératif que notre Autorité de santé prenne conscience de la nécessité d’un meilleur accompagnement pour cette affection invalidante. »







