Juliette G. et Ebba P. Karlsson, deux anciennes mannequins, se livrent sur les méthodes insidieuses utilisées par Daniel Siad pour les introduire à des personnalités influentes, notamment au célèbre criminel sexuel américain Jeffrey Epstein.
Le processus d’emprise
« J’ai franchi différents paliers qui m’ont menée vers cette situation », explique Juliette G., qui partage son expérience difficile. « Ces hommes testent la soumission pour évaluer jusqu'où une jeune femme est prête à céder. »
En 2004, alors âgée de 21 ans, Juliette est approchée sur les Champs-Élysées par Daniel Siad, qui lui promet des opportunités professionnelles à l'étranger. Elle évoque un sentiment d'ambiguïté qu'elle a choisi de ne pas contester pour éviter de paraître difficile. Ce premier contact a marqué le début de son emprise.
Sa rencontre avec Jeffrey Epstein à New York a été un véritable tournant. Il lui demande son passeport, lui proposant une somme d'argent pour des achats – une manœuvre qui, selon elle, a éveillé en elle le sentiment d'une forme de dépendance. « Accepter cet argent m’a rendue redevable, bien que je ne l’aie pas voulu. »
Le « dernier palier » a été la chambre d’hôtel, où elle a mis en garde Epstein en voyant l’issue de cette rencontre, mais il l’a rassurée en disant qu’il avait besoin d’elle pour se montrer aux agences de mannequinat.
Des révélations percutantes
Ebba P. Karlsson, quant à elle, se souvient d’un abord similaire survenu en Suède dans les années 1990. Selon elle, Daniel Siad était doué pour identifier les vulnérabilités d’autrui, se positionnant comme un sauveur avant d’exercer son emprise. Après l'avoir invitée à Monaco, des abus ont été commis. « Il hameçonnait pour isoler ses proies », affirme-t-elle.
Actuellement sous enquête pour des accusations de traite d’êtres humains, Siad a nié en bloc les allégations. Son avocate, Menya Arab-Tigrine, a exprimé son espoir que son client ne soit pas tristement associé à des délits d’autres individus décédés.
Les deux femmes témoignent aujourd’hui pour aider les enquêtes en cours qui cherchent à identifier d’éventuels complices de Jeffrey Epstein. Leur expérience attire l'attention sur les mécanismes de manipulation et de contrôle présents dans le milieu de la mode.







