Lundi matin, les membres du groupe armé antigouvernemental M23 ont quitté plusieurs localités situées au nord d’Uvira, le long de la route nationale 5, à proximité de la frontière avec le Burundi. Cette décision fait suite aux appels à la paix émis par les États-Unis et d'autres instances internationales, comme l'indique l'AFP.
Le M23, soutenu par le Rwanda, a fait irruption dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC) et a pris le contrôle d'importants territoires dans les provinces du Nord-Kivu et de l'Ituri depuis 2021. Un expert en géopolitique, Jean-Claude Kimbu, affirme que "ce retrait pourrait signaler un changement significatif dans la dynamique du conflit en cours depuis plus de 30 ans dans cette région".
Le groupe armé avait lancé une offensive sur Uvira en décembre, contredisant ainsi un accord de paix établi sous l'égide de l'administration américaine. En janvier, des troupes avaient déjà quitté Uvira, affirmant agir en réponse à des pressions extérieures. Lundi, plusieurs localités, dont Sange et Kabunambo, ont été officiellement désarmées, marquant un tournant potentiel dans la lutte pour la paix.
«Le M23 s'est retiré de Sange», a confirmé Paul Fikiri Mudeda, un responsable local. «Ils ont quitté Kabunambo, Sange, Mutarule et Bwegera», a ajouté le lieutenant Reagan Mbuyi, porte-parole de l'armée congolaise. Une source sécuritaire au sein du M23 a également précisé qu’ils revenaient à leurs positions antérieures, excluant cependant la ville de Kamanyola, restée sous contrôle.
Le département d'État américain a récemment exhorté toutes les parties au respect du cessez-le-feu et à la désescalade du conflit. Dans un mouvement de population observé à Sange, des miliciens pro-Kinshasa, surnommés «wazalendo», ont fait leur apparition, suscitant une vague de joie parmi les habitants. «La population célèbre ce retrait», rapporte un citoyen local, évoquant la participation enthousiaste de jeunes et d'enfants.
Kinshasa et le M23 avaient convenu, lors de pourparlers en Suisse, de faciliter l'aide humanitaire et de libérer des prisonniers. Malgré ces tensions, le climat général dans l'est de la RDC demeure fragile et il reste à voir si ce retrait pourra véritablement stopper les hostilités dans la région.







