Du 13 au 15 mai 2026, les deux dignitaires plongent au cœur d'un affrontement stratégique. Ce sommet marquant à Pékin implique des discussions sur l'Iran et la négociation de nouveaux accords commerciaux.
Des échanges « francs » et « constructifs ». À la veille du sommet entre Xi Jinping et Donald Trump, prévu à Pékin du 13 au 15 mai 2026, la Chine a accueilli positivement les premières négociations commerciales menées entre les deux pays, dans le cadre d'une rencontre en Corée du Sud. Le président américain a multiplié les éloges en décrivant Xi Jinping comme « un interlocuteur agréable », tout en lui demandant d’« ouvrir la Chine » à de nouveaux investissements des États-Unis. Dix-sept grands chefs d'entreprise accompagnent Trump en Asie, tout en représentant des géants tels qu'Apple, Nvidia et Tesla.
L’Iran, Taïwan, terres rares et semi-conducteurs
« Jamais, depuis la rencontre historique entre Nixon et Mao en 1972, les dirigeants n'ont eu un tel pouvoir personnel pour décider de l'avenir bilatéral », observe Kurt M. Campbell dans Foreign Affairs. Pourtant, Xi et Trump abordent cette rencontre avec des défis significatifs : Xi dirige une économie en difficulté, tandis que Trump, dont la popularité est en berne, peine à gérer le conflit avec l’Iran, où l'armée américaine est largement engagée.
La fermeture du détroit d'Ormuz, couplée à la menace d'une récession mondiale, inquiète Pékin, dont la moitié de la croissance repose sur les exportations. Trump pourrait chercher à obtenir des concessions de la Chine concernant des achats agricoles, notamment de leur viande de bœuf, alors que les négociations sur les terres rares s'annoncent particulièrement complexes, étant donné le monopole de la Chine sur cette ressource critique.
La question de Taïwan pourrait également émerger, avec des discussions sur un changement de terme de la part américaine concernant le soutien à l'indépendance de l'île. Claudia Astarita, chercheuse à l’Institut d’Asie orientale, note que « la Chine est désormais plus visible dans ses relations au Moyen-Orient et recherche des opportunités à travers le monde ».
A l’approche d’élections difficiles, Trump aspire à des succès commerciaux à Pékin pour soutenir son impression et faire face à la pression politique. Pendant ce temps, la Maison-Blanche espère un engagement substantiel de la Chine concernant les achats de soja. Les experts comme Astarita soulignent que Pékin vise à maintenir la situation à Taïwan sous contrôle, sans franchir de lignes rouge. « Il est trop tôt pour prendre position », conclut-elle.
Comprendre les intentions de son adversaire
Ce sommet n'est pas seulement une question de commerce, mais aussi une opportunité pour Xi Jinping de mieux cerner la stratégie de son homologue américain. « Les tensions avec le Venezuela et l'Iran semblent viser la Chine », observe Astarita. « Pékin a évolué vers une approche plus globale, rendant plus difficiles les interactions futures. »
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a également appelé Trump à aborder avec Xi Jinping la situation en Ukraine. « Nous espérons que la question de l'invasion russe sera évoquée », a-t-il déclaré. Ce sommet, au-delà des thèmes habituels, est en réalité le théâtre d'importants enjeux globaux et d'intérêts géostratégiques qui pourraient redéfinir l'équilibre des puissances.







