Les jeunes familles sont particulièrement représentées parmi ces nouveaux habitants, attirés par des prix abordables. Toutefois, le marché immobilier reste équilibré.
À tort ou à raison, la Haute Lande pourrait-elle devenir une nouvelle extension de la métropole bordelaise ? La question peut prêter à sourire, tant la région semble éloignée géographiquement. Néanmoins, de plus en plus d'acheteurs originaires de la Gironde, tout en continuant à y travailler, choisissent de s'installer dans le nord du département. Ils recherchent non seulement un cadre calme mais également des tarifs plus accessibles.
"On peut dire que c'est la troisième ceinture de Bordeaux", plaisante Magali Elbel, agent immobilier indépendant à Pissos. Elle constate une demande croissante de la part d'habitants de Pessac, Talence ou Cestas, des villes périphériques de la métropole girondine, qui désirent s'installer dans la Haute Lande.
Un marché proche et plus abordable
Lucile Darrigade, agent immobilier à SDH Invest à Pissos, observe que le nord des Landes a toujours été dans l'aire d'attraction de Bordeaux, mais que les dynamiques ont changé ces dernières années. "Autrefois, les habitants de la région se rendaient régulièrement à Bordeaux pour travailler. Aujourd'hui, nous accueillons davantage de Bordelais qui viennent se retirer ici", explique-t-elle. Ce phénomène est particulièrement marqué dans des communes proches de l'A63, à moins d'une heure de Bordeaux.
Les professionnels du secteur soulignent que cette évolution est principalement attribuée à la flambée des prix dans la métropole bordelaise et le long de la côte girondine. Comme l'indique Magali Elbel, "de nombreux acquéreurs venant du bassin d'Arcachon reculent, faute de moyens pour se loger là-bas".
Le calme, valeur première
Si des considérations financières motivent ces nouveaux arrivants, elles ne sont pas les seules. Certaines familles d'Arcachon, par exemple, cherchent à fuir le tumulte saisonnier de la côte et souhaitent retrouver un cadre de vie apaisé en Haute Lande. "Ici, on a une clientèle qui n'est pas à 50 000 euros près, mais qui vient pour retrouver le calme qu'ils avaient lors des hors saisons", souligne Lucile Darrigade.
Le nord des Landes attire ces acquéreurs en quête d'un environnement tranquille. "Le calme est notre priorité", insiste-t-elle. Les nouveaux résidents aspirent à un cadre de vie serein, bien que cette vision idéalisée de la campagne landaise doive parfois faire face à une autre réalité : "Certains imaginent une petite maison isolée au fond des bois, ce qui est rare", sourit Magali Elbel.
Les jeunes ménages, en particulier, semblent être la nouvelle norme parmi les Girondins qui choisissent de s’établir dans cette région. Magali Elbel, Bordelaise d'origine, souligne que ce choix est motivé par des aspirations familiales. "En ville, nous pensons avoir tout ce qu'il nous faut à portée de main, mais nous sommes souvent à la recherche d'activités pour nos enfants. Dans ce cadre, il suffit d'ouvrir la baie vitrée pour profiter de l'extérieur", explique-t-elle.
Malgré son apparence rurale, la Haute Lande possède des atouts géographiques non négligeables : "Nous sommes à proximité de l'océan, de l'autoroute et de l'Espagne. En termes d'emplacement, c'est idéal", conclut-elle.
Réalités disparates
Cependant, toutes les communes de la Haute Lande n'attirent pas l'attention des acheteurs girondins de la même manière. Lucile Darrigade note que la proximité de la métropole joue un rôle clé dans les décisions d'achat. "Les prix et la demande chutent dès que l'on s'éloigne un peu des axes principaux", observe l'agent immobilier. Ainsi, Sore, Luxey ou Labrit n'ont pas le même attrait que leurs voisines plus accessibles.
Globalement, bien que la Haute Lande soit en pleine expansion, cela n’a pas encore déstabilisé le marché immobilier local. Après plusieurs années de hausse en raison de l'engouement suscité par la crise sanitaire, une certaine décélération est maintenant constatée. Comme l’indique Lucile Darrigade, "aujourd'hui, il y a plus d’offres que de demandes". Les délais de vente se prolongent et certains vendeurs peinent à accepter le nouvel état des choses. "Ils ne pourront pas vendre à des prix dépassant ceux qu’ils ont payés en sortie de Covid", prévient Magali Elbel.







