Les 28 derniers passagers du MV Hondius ont enfin quitté le navire, après avoir été contraints de débarquer au port des Canaries, où il était arrivé dimanche avec un foyer d'hantavirus à bord. Les conditions météorologiques ont joué un rôle crucial dans cette opération, qui s'est intensifiée alors que le vent s'est levé, rendant les évacuations à partir de Granadilla de Abona impossibles.
Les autorités des Canaries avaient initialement recommandé que le navire ne s'approche pas de leur territoire, suggérant que les passagers devraient être évacués au Cap-Vert, destination originale de la croisière. Ce refus d'accoster a provoqué des tensions, mais le mauvais temps a finalement contraint le navire à mouiller à quai.
Les vacanciers, protégés par des combinaisons sanitaires, ont été transférés via une passerelle vers des bus affrétés pour les conduire à l'aéroport de Tenerife Sud. Deux avions étaient prêts à les ramener aux Pays-Bas, transportant respectivement 22 membres d'équipage et six autres passagers, dont plusieurs Australiens et un Britannique.
Parallèlement, 26 membres de l'équipage sont restés à bord pour poursuivre la navigation vers Rotterdam, emportant avec eux le corps d'une Allemande décédée suite à une infection. La ministre espagnole de la Santé, Mónica García, a confirmé que cette évacuation a mobilisé 122 personnes en moins de 48 heures, un événement décrit comme "inédit" par Madrid.
"Je souhaite que tous puissent rentrer chez eux en bonne santé", a déclaré le commandant du navire dans une vidéo. Cependant, des cas d'infections à l'hantavirus parmi les occupants ont déjà été confirmés. La santé publique est en alerte, avec des passagers et membres de l'équipage en surveillance sanitaire.
L'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) a précisé que le variant d'hantavirus détecté à bord est transmissible entre humains, ce qui soulève des inquiétudes concernant d'autres éventuels cas. Des experts, comme Pamela Rendi-Wagner, directrice d'une agence sanitaire européenne, ont mis en garde contre la possibilité d'infections supplémentaires dans les semaines à venir, en soulignant l'importance de la vigilance.
Les incidents à bord du Hondius suscitent également des échos des crises de santé publique passées, comme celle du Covid-19, bien que l'OMS estime que la situation actuelle est moins alarmante. Les précautions sanitaires, y compris les tests PCR, sont mises en place pour protéger la population.
La réponse rapide, incluant l'isolement des malades, pourrait prévenir une propagation plus large du virus. Raúl González Ittig, biologiste en Argentine, a rappelé que de telles mesures sont cruciales pour interrompre les chaînes de transmission.
Enfin, un sommet est prévu entre le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez et le directeur de l'OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, pour discuter de la gestion de cette crise sanitaire, témoignant de la nécessité d’une coopération internationale face aux menaces sanitaires mondiales.







