Les opérations d'évacuation du MV Hondius, qui avaient débuté dimanche sous haute surveillance, se sont conclues lundi soir, permettant à plus d'une centaine de passagers et membres d'équipage, exposés à un foyer d'hantavirus, de quitter le navire et d'être rapatriés par avion depuis les îles Canaries.
"Mission accomplie", a déclaré la ministre espagnole de la Santé lors d'une conférence de presse au port de Granadilla de Abona, sur l'île de Tenerife.
"Entre hier et aujourd'hui, nous avons évacué les 125 passagers et membres d'équipage de 23 pays, qui sont soit déjà rentrés chez eux, soit en cours de rapatriement. Le navire vient de lever l'ancre et a quitté le port à 19 heures", a-t-elle ajouté.
Le MV Hondius est attendu dimanche soir à Rotterdam, selon l'armateur. Au début, il devait éviter les quais en raison des craintes sanitaires, mais la dégradation des conditions maritimes a entraîné une décision soudainement prise d'amarrer le bateau.
Les dernières personnes à être évacuées ont quitté le navire rapidement, vêtues de combinaisons de protection bleues, avant de prendre des bus spécialement affrétés pour l'aéroport de Tenerife Sud.
En moins d'une heure, deux avions les ont transférés vers les Pays-Bas. Tandis qu'un vol transportait principalement des membres de l'équipage, un autre a pris huit passagers, dont plusieurs Australiens.
Un groupe de membres de l'équipage est resté à bord, accompagné d'un médecin, pour transporter le corps d'une Allemande décédée suite à l'infection.
Lors d'une intervention sur le port, Tedros Adhanom, directeur général de l'OMS, a voulu rassurer les evacués en soulignant : "Vous êtes maintenant entre de bonnes mains. Si vous aviez été retenus plus longtemps, la situation aurait pu devenir préoccupante".
À destination des proches des evacues, il a ajouté : "Il n’y a rien à craindre, le risque est faible : ce n'est pas un autre COVID". Il a aussi appelé à la confiance envers la science et à suivre les recommandations de confinement.
Concernant l'état de santé des évacués, un Américain et une Française ont été testés positifs à l'hantavirus, qui peut entraîner de graves complications respiratoires.
Les premiers témoignages des autorités de santé espagnoles font état d'un cas positif et de treize négatifs parmi les évacués.
Environ trois décès sont attribués à des infections sur le Hondius, deux confirmés par l'OMS. Fin septembre, l'Agence française de santé a identifié 22 cas contacts sur son territoire, insistant sur la nécessité de ne pas céder à la panique.
Précautions pour l'avenir
L'OMS et l'ECDC (Centre européen de prévention et de contrôle des maladies) alertent sur la possibilité d'apparition de nouveaux cas, étant donné la période d'incubation du virus qui peut durer jusqu'à six semaines, comme l'a précisé Pamela Rendi-Wagner, directrice de l'ECDC.
Le ministère américain de la Santé signale aussi qu'un passager présente des symptômes légers. Pendant ce temps, le Hondius a suscité des souvenirs de la pandémie de COVID-19, bien que la situation actuelle soit jugée non comparable par l'OMS.
L'hantavirus Andes, décelé à bord, constitue une souche plus rare avec possibilité de transmission entre humains, alors que la plupart des infections proviennent d'animaux rongeurs infectés.
Les personnes évacuées, considérées comme des "contacts à haut risque", seront sous surveillance durant plusieurs semaines, conformément aux protocoles de quarantaine en vigueur. "Isoler rapidement les malades aide à rompre la chaîne de transmission", a noté Raúl González Ittig, biologiste à l'Institut national d’argentine, qui a connu des foyers similaires par le passé.







