Débuté fin février, le conflit a eu un impact immédiat sur le tourisme, avec une forte baisse des flux dans les régions touchées. En Jordanie, par exemple, les touristes se retrouvent à explorer la célèbre cité de Petra quasiment seuls. Comme l’explique le quotidien Sud Ouest, le retour des touristes dans cette région est désormais une rareté.
Sur l’île tunisienne de Djerba, la saison touristique peine à démarrer. Anane Kamoun, directeur de l’hôtel Royal Garden Palace, fait état d’une chute de 50% des réservations quotidiennes par rapport aux chiffres d’avant conflit, affectant gravement l’économie locale.
Une Europe en hausse
Analysant la situation, les experts notent que la guerre s’étend aussi aux marchés asiatiques. En Thaïlande, le ministère du Tourisme signale une baisse significative des visites, avec 29% de moins de touristes allemands et 44% d’Italiens. Les compagnies touristiques, comme TUI, s’attendent à vivre un exercice 2025/26 perturbé par des préoccupations géopolitiques.
Cependant, la prudence ne semble pas exclure le désir de voyager. Aarin Chiekrie, analyste chez Hargreaves Lansdown, souligne : « Les vacanciers n’abandonnent pas leurs projets, mais ils finissent par réserver leurs vacances plus tard. »
Le Maroc tire son épingle du jeu
Dans ce contexte, certaines destinations émergent comme des alternatives sûres. Au Maroc, Zakaria Meliani, gestionnaire à Balima Résidences, indique une hausse d’intérêt remarquable. « Habituellement, la saison débute fin mai, mais cette année, les réservations ont commencé dès la fin du ramadan. Les touristes se détournent de pays comme le Liban ou Dubaï, choisissant plutôt le Maroc », explique-t-il.
La ministre marocaine du Tourisme, Fatim-Zahra Ammor, a indiqué que les performances de son secteur sont conformes aux prévisions, avec une croissance attendue de 5% d’ici avril 2026. Cela montre qu'en dépit des tensions, la stratégie d’attractivité mise en place par le Maroc semble porter ses fruits.
En somme, la guerre au Moyen-Orient redéfinit les tendances touristiques. Certains pays se trouvent en position favorable, tandis que d'autres en subissent les conséquences. Rafael Pampillon Olmedo, professeur d'économie à l'école de commerce IE en Espagne, conclut : « La réallocation des flux touristiques vers des destinations perçues comme plus sûres pourrait bien profiter à l'Europe. »







