Le ministre français de la Justice, Gérald Darmanin, a été chaleureusement accueilli par son homologue algérien, Lotfi Boudjemaa, lors de sa récente visite à Alger. Ce voyage, qui revêt une importance symbolique, témoigne d'un rapprochement entre la France et l'Algérie, après une période de tensions diplomatiques.
Au programme de cette visite, les deux ministres ont prévu une première réunion de travail suivie d'un dîner, rassemblant également des magistrats des deux pays. Ce matin, une réunion extensive a eu lieu au ministère algérien de la Justice, où divers sujets cruciaux ont été abordés, dont le sort de Christophe Gleizes. La France plaide pour sa libération, ce journaliste ayant été arrêté en mai 2024 pour des raisons controversées alors qu'il préparait un article sur la célèbre équipe de football de la Jeunesse Sportive de Kabylie.
Condamné à sept ans de prison pour « apologie du terrorisme », une peine confirmée en appel, son cas continue d'inquiéter et demeure un point essentiel des discussions. D'après des sources proches du dossier recueillies par Le Parisien, cette réunion pourrait marquer un tournant significatif dans la coopération judiciaire entre les deux nations, gelée pendant près de deux ans.
Les enjeux de la DZ Mafia et les mécanismes de coopération
La question de la criminalité organisée a été également au cœur des échanges, notamment le dossier de la DZ Mafia, un réseau de narcotrafiquants basé à Marseille. Les discussions ont également porté sur les procédures de coopération pénitentiaire et civile entre les deux pays. Cette révision de la coopération est en partie due à l'implication de Pascal Prache, procureur national financier, présent pour évoquer la restitution des biens mal acquis durant la colonisation.
Il a également été question du sort d'un agent consulaire algérien actuellement détenu en France, accusé d’implication dans l'enlèvement de l'influenceur opposant au régime, Amir DZ. Un éventuel entretien avec le président algérien, Abdelmadjid Tebboune, pourrait également avoir lieu.
Les prémisses d'une détente
Au fil des mois, les tensions entre la France et l'Algérie, exacerbées par des différends politiques, semblent se dissiper. Rappelons que l'Algérie avait durement réagi au soutien de la France en faveur d’un projet d’autonomie du Sahara occidental. Cependant, des récentes visites officielles, dont celle du ministre de l'Intérieur francais, Laurent Nuñez, témoignent d'une volonté de réconciliation et de dialogue renforcé.
Ministre de l'Intérieur de septembre 2024 à octobre 2025, Bruno Retailleau avait plaidé pour une approche plus ferme vis-à-vis du régime algérien, tandis qu'Emmanuel Macron prône une méthode plus diplomatique. À travers ce nouveau dialogue, il semble que les enjeux historiques et modernes tenteront de trouver un terrain d'entente, balisant la voie pour une coopération renouvelée entre les deux anciens partenaires.







