Une nouvelle épidémie d’Ebola, causée par le variant Bundibugyo, touche actuellement la République démocratique du Congo. L’Organisation mondiale de la santé a déclenché une alerte sanitaire internationale.
L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a déclenché, dimanche 17 mai 2026, son deuxième niveau d’alerte internationale le plus élevé face à une nouvelle épidémie d’Ebola en République démocratique du Congo (RDC). Le virus provoque une fièvre hémorragique extraordinairement contagieuse.
Cette épidémie est causée par la souche Bundibugyo, pour laquelle aucun vaccin ou traitement spécifique n'existe. Les vaccins actuels ne protègent que contre la souche Zaïre, responsable des épidémies les plus dévastatrices.
Les efforts de containment s'appuient principalement sur la mise en œuvre de mesures préventives et une identification rapide des cas pour limiter les interactions. Lors des épidémies précédentes de ce variant – notamment en Ouganda en 2007 et en RDC en 2021 – le taux de mortalité avoisinait 30 à 50 %.
Le bilan de l'épidémie
À l'heure actuelle, 91 décès ont déjà été attribués à ce variant d’Ebola, selon des déclarations du ministre congolais de la Santé, Samuel-Roger Kamba. Environ 350 cas suspects ont également été notés, avec une majorité de victimes âgées de 20 à 39 ans, dont plus de 60 % sont des femmes.
Au cours des 50 dernières années, le virus Ebola a causé plus de 15 000 décès en Afrique. En RDC, l’épidémie la plus dévastatrice a fait près de 2 300 morts sur 3 500 infections entre 2018 et 2020. L'épisode précédent avait entraîné 45 décès entre septembre et décembre 2025, d'après les données de l'OMS.
Cette épidémie se propage rapidement, surtout dans une province très densément peuplée.
La République démocratique du Congo, avec plus de 100 millions d'habitants, a une expérience considérable dans la gestion d'épidémies d'Ebola. Cependant, les spécificités de cette 17e épidémie en RDC suscitent des préoccupations parmi les experts de la santé. Si tous les cas suspects étaient confirmés, cette épidémie se placerait parmi les sept pires enregistrées, toutes souches confondues, et serait la deuxième plus meurtrière parmi celles ne relevant pas de la souche Zaïre, selon les spécialistes.
L'épicentre de la crise sanitaire
L’épicentre est localisé en Ituri, dans le nord-est de la République, aux frontières de l’Ouganda et du Soudan du Sud. Cette région, riche en ressources naturelles, connaît des mouvements de population importants liés à l'activité minière ainsi que des violences perpétrées par divers groupes armés, rendant les interventions sanitaires délicates.
Propagation du virus
Le virus a déjà fait son apparition au-delà des frontières de la RDC. Un cas a été signalé à Goma, une ville majeure de l'est du pays, et également sous contrôle d'un groupe rebelle. Un décès et un cas supplémentaire ont été notés en Ouganda, impliquant deux Congolais ayant voyagé depuis la RDC. Aucun foyer local n'a été signalé à ce jour. Les tests ont traduit une connexion évidente avec Ebola. L’Africa CDC, agence de santé de l’Union africaine, estime que le risque de propagation dans les pays voisins d'Afrique de l'Est est « élevé ». « Cette épidémie risque de se propager rapidement, surtout dans une province densément peuplée », a averti Jean-Jacques Muyembe.
Origines de l’épidémie
Des recherches épidémiologiques sont en cours pour établir l’origine de cette épidémie. Le premier cas décrit est un infirmier qui a consulté un centre de soins le 24 avril à Bunia. Toutefois, le voisinage autour de Mongbwalu, à 90 km, semble être le foyer initial de la contagion, suggérant que des cas se sont déplacés. L’OMS a été alertée en mai suite au décès de quatre soignants en quatre jours dans cette même zone.
Les personnes infectées par ce variant présentent initialement des symptômes similaires à ceux de la grippe ou du paludisme, ce qui peut retarder le diagnostic. Le ministre congolais a également signalé que l’épidémie n’a pas été immédiatement signalée car les communautés touchées croyaient à une « maladie mystique » ou à de la « sorcellerie », ce qui a conduit certains malades à se rendre « dans des centres de prière » au lieu de chercher des soins médicaux.
Avec AFP
Lire aussi







