Le 17 mai, l'OMS a déclaré une "urgence de santé publique de portée internationale" face à la résurgence du virus Ebola, marquant ainsi la 17e épidémie du pays depuis 1976. Cette mesure a pour but de renforcer les efforts pour contenir cette crise sanitaire imminente.
Selon l'OMS, un niveau d'alerte élevé facilite "le déploiement d'équipes d'intervention rapide, la livraison de fournitures médicales et le renforcement de la surveillance sanitaire".
Actuellement, la province d'Ituri fait état de huit cas confirmés, 246 cas suspects et 80 décès potentiels, illustrant ainsi l'urgence de la situation. L'OMS précise que le partage d'informations entre les pays voisins reste crucial pour freiner la propagation. Comme l'indiquent des officiels de la santé, le risque de transmission aux pays voisins comme l'Ouganda et le Soudan du Sud est élevé, renforçant l'importance d'une collaboration internationale efficace.
Préoccupation pour la propagation régionale
Les fractions géographiques entre la RDC et ses voisins posent une menace. "Les pays limitrophes sont en haute alerte en raison de la mobilité des populations et des échanges commerciaux", souligne l'OMS. Cette dynamique complique les mesures de confinement et le traçage des contacts.
En effet, en Ouganda, deux cas de contamination ont déjà été confirmés dans la capitale, Kampala, ce qui exacerbe la nécessité d'agir rapidement. Face à cette situation alarmante, l'OMS a renforcé les appels à une vigilance accrue, notamment en matière de contrôle sanitaire aux frontières.
Conflits armés comme obstacle à la riposte sanitaire
Parallèlement, la province d'Ituri est le théâtre de violences répétées entre groupes armés, rendant plus difficile la réponse aux besoins sanitaires. Selon Médecins Sans Frontières, le conflit entrave le déploiement d'équipes et la manoeuvre de matériel médical. "Les conflits touchent principalement les civils, exacerbant une crise humanitaire déjà critique", alerte l'ONG.
Actuellement, environ 1,9 million de personnes dans la province sont dans le besoin d'assistance humanitaire, avec près de 15 millions de personnes en difficulté à travers le pays, d'après l'ONU.
Coordination internationale : un impératif
Pour contrer cette épidémie, l'OMS exhorte la RDC et l'Ouganda à intensifier la surveillance et le traçage des contacts. La fermeture des frontières est à ce stade évitée, l'OMS craignant que de telles mesures favorisent des passages clandestins et aggravent la situation.
Le Directeur général de l'OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, prévoit de réunir prochainement un Comité d'urgence pour discuter de la situation, tout en veillant à ce que la réponse reste adaptée à l'ampleur de l'épidémie, qui ne répond pas actuellement aux critères d'une urgence pandémique.
Le virus Ebola, qui a causé plus de 15 000 décès sur le continent en 50 ans, se transmet par contact direct, rendant cruciale la sensibilisation aux gestes barrières. Jean Kaseya, responsable de l'Agence sanitaire de l'Union africaine, souligne qu'en l'absence de vaccin contre la souche active, les mesures de santé publique deviennent primordiales.







