Un tribunal iranien se réunira mercredi pour statuer sur le cas du cinéaste dissident Jafar Panahi, revenu en Iran fin mars selon plusieurs médias locaux.
En décembre dernier, le réalisateur avait été condamné à un an de prison par contumace pour "activités de propagande" contre l'État, quelques mois après avoir remporté la Palme d'or à Cannes pour son film "Un simple accident".
L'audience, prévue suite à l'appel de ses avocats, pourrait avoir des implications significatives, car M. Panahi a également reçu une interdiction de quitter le territoire pour deux ans. C'est encore incertain qu'il soit présent à cette audience, son dernier post sur Instagram datant de février.
Panahi, âgé de 65 ans, a fait son retour en Iran le 30 mars, en pleine guerre impliquant les États-Unis et Israël contre la République islamique. C'est la première fois que des médias iraniens confirment son retour après qu'il ait assisté aux Oscars à Los Angeles.
L'affaire sera examinée par un tribunal révolutionnaire de Téhéran, présidé par le juge Iman Afshari, connu pour ses condamnations sévères envers les dissidents, une situation qui attire l'attention de l'Union européenne.
Cette audience survient pendant le festival de Cannes, un an après que Panahi a reçu la prestigieuse récompense. En dépit des opportunités de quitter l'Iran, il a exprimé son désir de ne pas devenir "un réfugié". "Je n'ai jamais imaginé fuir mon pays, même pendant les périodes difficiles", a-t-il déclaré en décembre au journal américain Variety.
Récompensé à Berlin en 2015 pour "Taxi Téhéran", le réalisateur a déjà été emprisonné à deux reprises : 86 jours en 2010 et sept mois entre 2022 et 2023, période durant laquelle il avait entamé une grève de la faim pour dénoncer sa détention. En janvier, Panahi avait fermement condamné la répression des manifestations antigouvernementales, qui auraient coûté la vie à des milliers de personnes selon des ONG.
Figure emblématique de la Nouvelle vague du cinéma iranien, il a été interdit de quitter le pays pendant quinze ans. Son film "Un simple accident" illustre la vie de cinq Iraniens victimes de la brutalité de la République islamique, qui croient avoir reconnu l'un de leurs anciens geôliers.







