l'essentiel
Quelques jours après la visite de Donald Trump en Chine, Vladimir Poutine se rend à son tour dans le pays pour une rencontre stratégique visant à fortifier les liens diplomatiques.
Le président russe Vladimir Poutine est arrivé mardi 19 mai en Chine pour une rencontre avec son "ami de longue date" Xi Jinping. À cette occasion, les deux dirigeants visent à réaffirmer la solidité de leurs relations, et ce, quelques jours après l'accueil spectaculaire de Donald Trump à Pékin. La visite du président américain, la première en neuf ans, souligne l'isolement grandissant de la Russie sur la scène internationale.
Âgés respectivement de 73 et 72 ans, Poutine et Xi discuteront des moyens de "renforcer" leur partenariat stratégique et d'échanger sur les questions internationales et régionales majeures, comme l'a indiqué la présidence russe.
Isolement diplomatique
Depuis l'invasion de l'Ukraine en 2022, les relations entre Moscou et Pékin se sont intensifiées, le président russe se rendant chaque année dans la capitale chinoise dans un contexte d'isolement diplomatique croissant, secoué par les sanctions occidentales.
Cette relation, bien que marquée par un rapprochement, est en réalité déséquilibrée. La dépendance économique de la Russie vis-à-vis de la Chine est palpable, ce dernier devenant le principal acheteur de pétrole russe sous sanctions.
Au cours de la rencontre, Xi et Poutine aborderont également le grand projet de gazoduc "Force de Sibérie 2", qui, s'il se concrétise, reliera la Russie à la Chine via la Mongolie. Moscou envisage cette infrastructure comme une porte de sortie pour ses ressources énergétiques, délaissées par les Européens. Favorisant un ton amical avant la visite, les deux présidents avaient échangé des "lettres de félicitations" pour célébrer 30 ans de partenariat.
"Stabilisation à l'échelle mondiale"
Dans une vidéo adressée au peuple chinois, Poutine a affirmé que leurs relations avaient atteint un "niveau véritablement sans précédent" et qu'elles jouent un rôle central de "stabilisation à l'échelle mondiale". Une déclaration commune est également prévue en fin de visite.
Lors de sa précédente visite à Pékin, Xi Jinping avait qualifié Poutine de "vieil ami", une formule qu'il n'a pas prononcée pour Trump. Le président russe a de son côté réitéré sa camaraderie avec Xi, soulignant que leurs relations n’avaient pas été altérées par la visite de l’homme d’affaires républicain.
Sur la question du conflit en Ukraine, Pékin prône le respect de l'intégrité territoriale des pays, appelant à une résolution pacifique, mais reste silencieux sur l’invasion de la Russie.
"Vladimir Poutine ne veut pas perdre cet appui"
La Russie dépend fortement du soutien économique chinois pour soutenir son effort de guerre en Ukraine. Selon Lyle Morris, chercheur à l'Asia Society, "Poutine se doit de conserver cet appui". Toutefois, sur des questions géopolitiques plus larges, comme le conflit américano-israélien contre l'Iran, les intérêts chinois et russes pourraient diverger.
James Char, professeur à l'Université technologique de Nanyang à Singapour, a souligné que la Chine priorise la libre circulation sur les voies maritimes essentielles, signalant qu'elle préférait que le blocage du détroit d'Ormuz se termine. En avril, Sergueï Lavrov, ministre des Affaires étrangères russe, avait affirmé que Moscou pourrait "compenser" les éventuelles pénuries énergétiques chinoises dues au conflit en Iran.







