Le Pentagone a récemment annoncé la suspension des ventes d'armes à Taïwan, suite aux besoins militaires engendrés par le conflit en cours au Moyen-Orient. Cette décision fait suite à l'approbation, en fin d'année 2025, d'une importante vente d'armement d'une valeur de 11,1 milliards de dollars, la deuxième depuis le retour de Donald Trump à la présidence.
Hung Cao, ministre délégué à la Marine, a expliqué lors d'une audition au Congrès que la priorité actuelle était d'assurer un approvisionnement suffisant en munitions pour l'opération Epic Fury, lancée contre l'Iran. «Pour l'instant, nous faisons une pause afin de nous assurer que nous avons les munitions nécessaires», a-t-il précisé.
Le ministre a également ajouté que les stocks étaient actuellement suffisants et a suggéré que les ventes d'armes à l'étranger pourraient reprendre lorsque les circonstances le permettront. Ce revirement intervient alors que Pékin s'oppose fermement à toute intervention militaire américaine en faveur de Taïwan, qu'elle considère comme une région faisant partie de son territoire.
Ce contexte géopolitique délicat est accentué par les récentes déclarations de Donald Trump, qui a mitigé son soutien à Taïwan en soulignant que la poursuite des livraisons militaires dépendrait des relations avec la Chine. Lors d'une visite à Pékin, il a qualifié ces ventes d'« atout de négociation » crucial.
La législation américaine, plus précisément le Taiwan Relations Act, impose à Washington la responsabilité d'approvisionner Taïwan en matériels défensifs, tant que l'île ne proclame pas formellement son indépendance.
Cette situation complexe soulève des enjeux diplomatiques majeurs, notamment suite à l'annonce d'une conversation prévue entre Trump et Lai Ching-te, le dirigeant taïwanais. Ce dialogue marquerait une rupture avec des décennies de protocole diplomatique, engendrant déjà des critiques de la part de Pékin.







