À seulement 16 ans, Anatole se distingue sur les terrains de rugby en tant que joueur du Berliner Sport Verein (BSV) à Berlin. Ce talent prometteur, d'origine bordelaise par sa mère, se passionne pour l'Union Bordeaux Bègles (UBB), même à des milliers de kilomètres de distance.
Après un match remporté avec brio contre un grand club berlinois, Anatole affiche un sourire rayonnant, une médaille de bronze autour de son cou. Âgé de 16 ans, il a conclu une saison impressionnante en rugby à 15 avec un deuxième titre national. Déjà un vétéran de son équipe, il sait remercier le public adverse pour son soutien, tout en savourant la bonne humeur d’un Biergarten.
Une équipe cosmopolite
Le rugby à Berlin se veut international. Avec des joueurs français, ivoiriens, italiens, et bien d'autres, Anatole témoigne d'une véritable diversité au sein de l'équipe. "Il n'y a que quelques 'Bio-Deutsch'," dit-il en souriant, désignant les Allemands de souche. Alen Folnovic, entraîneur des U16, insiste sur le fait que malgré un parcours prometteur, le rugby en Allemagne souffre d'un déficit d'intérêt comparé à des sports comme le football, qui rassemble *7 millions de licenciés*.
"Nous subissons vraiment l'impact de la monoculture du sport en Allemagne," rappelle l'entraîneur. "Il y a moins de *20 000 licenciés* de rugby dans le pays, ce qui nuit à notre développement. Nous devons nous appuyer principalement sur des initiatives individuelles pour grandir."
Le défi d'une culture rugby
Le manque de notoriété du rugby en Allemagne pose un véritable obstacle. Comme le souligne Kobus Potgieter, ancien entraîneur de l'équipe nationale, "80 % des Allemands ne savent même pas qu'il y a du rugby chez nous." Anatole, lui-même, s'attend à devoir expliquer fréquemment la différence entre le rugby et d'autres sports populaires, comme le football américain, qui attire des foules énormes dans des stades.
Le rugby a été introduit en Allemagne grâce à des étudiants britanniques dans les années 1800, mais il a connu un déclin drastique sous le régime nazi. Malgré des tentatives de renaissance, comme celles d'hommes d'affaires comme Hans-Peter Wild, le chemin reste semé d'embûches pour le rugby allemand.
Une passion inébranlable pour l'UBB
À travers les écrans, Anatole suit avec ferveur les matchs de l'UBB, une passion héritée de son grand-père, fervent admirateur des équipes bordelaises. Récemment, il s'est émerveillé devant les exploits de Louis Bielle-Biarrey. "C'était incroyable de le voir marquer un essai en filant entre plusieurs défenseurs!" dit-il, les yeux pétillants.
Bien qu'il vive loin, son amour pour le rugby et l'UBB demeure intact. Le chemin reste long, mais avec un tel dévouement, Anatole est bien parti pour écrire sa propre histoire dans ce sport qu'il chérit tant.







