« Dialoguer avec l'Algérie est une nécessité », a déclaré ce lundi 25 mai Stéphane Romatet, ambassadeur de France à Alger. Il a appelé à un respect mutuel, soulignant que les deux pays avaient entamé un processus de rapprochement après une période de crises diplomatiques prolongées.
« Discuter avec l'Algérie ne signifie pas faire preuve de faiblesse, mais plutôt reconnaître une nécessité (...) Nous sommes conscients de la complexité et des défis, mais cela ne doit pas être perçu comme une capitulation », a insisté le diplomate lors de son intervention sur France Inter. Romatet a regagné Alger le 8 mai, presque un an après que le président Emmanuel Macron l'ait rappelé.
Il a ajouté : « Il est courant de dialoguer avec d’autres nations sans être accusé de faiblesse », se référant ainsi aux critiques souvent émises par la droite et l'extrême droite en France.
Aider Christophe à revenir
En ce qui concerne le sort de Christophe Gleizes, détenu depuis près d’un an, Romatet a souligné que « stigmatiser l'Algérie ne sera d’aucune aide. Rétablir les relations avec Alger est également essentiel pour faciliter le retour de Christophe en France dans les meilleurs délais ». Gleizes avait été arrêté pour un reportage en Kabylie en mai 2024, et a été condamné à sept ans de prison pour « apologie du terrorisme » en décembre 2024.
L'ambassadeur a également condamné les commentaires « inacceptables » du quotidien El Watan, qui critiquaient le ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot lors de sa visite au Maroc. « Le respect est fondamental de part et d'autre », a déclaré Romatet.
Des sujets de tension
La relation entre Paris et Alger a connu une crise majeure à l'été 2024, lorsque la France a soutenu un plan d'autonomie pour le Sahara occidental sous souveraineté marocaine. L'Algérie, qui soutient le Front Polisario, a alors rappelé son ambassadeur de France.
Cette tension a été alimentée par l'arrestation en novembre 2024 de Boualem Sansal, qui a été gracié en novembre 2025, ainsi que par l'inculpation en avril 2025 d'un agent consulaire algérien pour son implication présumée dans l'enlèvement d'un influenceur algérien en France. Ces événements ont entraîné l'expulsion réciproque de diplomates et le rappel de l'ambassadeur Romatet.
Depuis février, un début de dégel s'est amorcé, avec les visites de trois ministres français à Alger et d'autres visites de responsables algériens programmées en France dans les semaines à venir. « Nous aspirons à une relation constructive », a conclu Romatet.







