L'application du fournisseur public tunisien a été piratée samedi, et des clients ont reçu un message s'insurgeant contre "un net recul des libertés" et "une crise économique étouffante" dans le pays.
Au lieu de simples offres promotionnelles, un message provocateur est parvenu aux utilisateurs de Tunisie Telecom, suite à une cyberattaque. Ce dernier dénonçait la situation politique prévalant dans le pays.
Relayé sur les réseaux sociaux et dans divers médias, le message, intitulé « Un cri pour la Tunisie : la liberté n’est pas un crime », critiquait la dégradation des libertés et la crise économique persistante. "Des promesses et des slogans, pour quel résultat ?" interrogeait le texte.
Face à ce message surprenant, de nombreux Tunisiens ont rapidement partagé des captures d’écran sur Facebook. Malheureusement, il est difficile de déterminer combien de personnes ont réellement reçu cette notification.
Une cyberattaque "immédiatement neutralisée"
L’opérateur a d’abord émis un communiqué évoquant une simple maintenance sur son application. Il a ensuite reconnu l'attaque dans un deuxième communiqué, publié durant la nuit de samedi à dimanche.
"Tunisie Telecom confirme que son application numérique MyTT a été la cible d'une cyberattaque aujourd'hui, détectée rapidement et neutralisée grâce aux mesures de protection et de surveillance en place, sans nuire à la sécurité des données ou à la continuité du service", a déclaré l’opérateur.
Il a également précisé que la notification reçue par certains clients n’était pas liée aux activités de la société, ni aux objectifs de cette application, dont la mission est principalement commerciale.
Des ONG, tant tunisiennes qu'internationales, mettent en lumière un recul préoccupant des droits et libertés en Tunisie depuis le coup de force de Kaïs Saïed en juillet 2021, qui lui a permis de s'octroyer des pouvoirs exceptionnels.







