Israël impose des délimitations contestées. Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a récemment donné l'ordre de contrôler 70% de Gaza, une directive qui sape l'accord de cessez-le-feu d'octobre. Avant ces instructions, l'armée israélienne gérait déjà environ 60% de cette enclave palestinienne, soulignant une extension audacieuse et alarmante du territoire occupé.
Netanyahu a affirmé, lors d'une conférence, que son armée "tenait le Hamas à la gorge" et cherchait à contrôler de plus en plus de territoires. "Notre direction est de passer à 70% et ensuite à 100%", a-t-il ajouté, enveloppant son discours d'une rhétorique de domination militaire qui inquiète la communauté internationale.
Actuellement, les conséquences de ces incursions sont catastrophiques pour les 2,1 millions de Palestiniens piégés dans Gaza, souvent pris pour cible si près de la "ligne jaune". Selon les dernières statistiques, plus de 906 Palestiniens ont perdu la vie depuis la manifestation de ces hostilités en octobre dernier, et les services humanitaires alertent sur des conditions de vie désastreuses.
Une dynamique similaire au Liban
Malgré un cessez-le-feu ratifié le 17 avril, l'armée israélienne a intensifié ses opérations au Liban contre le Hezbollah, déclarant qu'elle agirait sans relâche pour protéger ses citoyens. Le commandement israélien a déclaré la zone au sud du fleuve Zahrani comme "zone de combat", engendrant des affrontements meurtriers qui ont déjà fait 3.185 morts.
Mathilde Philip met en lumière les violations du droit international. Selon elle, la ligne jaune, que les autorités israéliennes prétendent définir, ne peut emergé que par des accords bilatéraux ou par la communauté internationale. Son imposition unilatérale constitue une flagrance aux normes édictées par les traités internationaux.
"Cette ligne jaune à Gaza et au Liban renvoie à une précarité légale inacceptable. Israël, en étendant son contrôle, ne remet pas seulement en question des enjeux géopolitiques, mais aussi des principes fondamentaux du droit international," affirme Philip pour BFM.
Les violations des règles humanitaires exacerbent encore la crise. La destruction de l'habitat civil et le non-respect des personnes vulnérables fragilisent tout espoir de paix et font craindre un déclin général des normes internationales.
Mathilde Philip conclut que le non-respect par Israël des accords établis et des droits fondamentaux des peuples en guerre expose le droit international à un affaiblissement insidieux. En effet, lorsque des États comme Israël se permettent de s'approprier des territoires, cela envoyé un message fort aux autres nations, leur permettant de justifier des actions similaires.
La Cour pénale internationale pourrait, à terme, avoir un rôle dans la poursuite des responsables des violations en cours en Gaza et en Cisjordanie. Les réparations à la population palestinienne deviennent alors une exigence incontournable, car la lutte pour la justice s'intensifie dans ce conflit aux ramifications complexes.







