Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a annoncé vendredi des avancées significatives de son armée au Liban, assorties de frappes intensifiées, alors que des discussions militaires, jugées "constructives" par les États-Unis, se tiennent actuellement à Washington.
Israël a ordonné l'évacuation de plusieurs villages et intensifié ses frappes sur plus de 30 localités du sud, dont certaines sont proches de la ville historique de Tyr, visant ostensiblement les installations du Hezbollah, soutenu par l'Iran.
Ces attaques ont causé la mort de 11 personnes dans trois localités de la région de Tyr, y compris un secouriste et un ressortissant syrien, selon le ministère de la Santé libanais. Ce chiffre porte à 121 le nombre de secouristes tués depuis le début du conflit, qui a éclaté le 2 mars dernier.
Le Hezbollah a, de son côté, revendiqué plusieurs attaques contre des cibles militaires en Israël, près de la frontière libanaise. Le mouvement islamiste a déclaré avoir utilisé des drones pour cibler des rassemblements de soldats, touchant des zones situées en Galilée ainsi qu'une caserne militaire.
Alors que ces hostilités continuent, la réunion à Washington entre des responsables militaires israéliens et libanais a été qualifiée de "constructive" par le Pentagone. Elbridge Colby, un haut fonctionnaire du département de la Défense, a twitté : "Nos discussions militaires poseront la base pour des négociations politiques initiées par le département d'État la semaine prochaine."
Depuis avril, le Liban et Israël, avec l'appui des États-Unis, ont entamé des négociations pour établir un cadre sécuritaire. Une nouvelle session de pourparlers est prévue pour les 2 et 3 juin à Washington. Cependant, le Hezbollah rejette ces pourparlers, appelant le Liban à s'en retirer.
Parallèlement, des centaines de familles se sont réfugiées dans la vieille ville de Tyr, qui a échappé aux frappes israéliennes. Nombreux sont ceux qui dorment dans leurs voitures ou des tentes. "Tyr est une ville pacifique et touristique, on n'aurait jamais imaginé vivre cela", déplore Karam Amin, un commerçant de 43 ans.
Depuis le commencement des hostilités, le bilan humain est tragique : 3 355 personnes ont perdu la vie et plus d'un million de personnes ont été déplacées, d'après les autorités. La semaine dernière seulement, 15 enfants ont été tués et 62 blessés, selon les données fournies par l'UNICEF, qui rapportent au total 608 décès d'enfants attribués aux bombardements.
Israël a intensifié ses opérations militaires, considérant désormais une large portion du sud du Liban comme une "zone de combat." En visitant des troupes dans le nord d'Israël, Netanyahu a salué les progrès de son armée, affirmant qu'elle avait "traversé le Litani," rivière située à environ 30 km de la frontière.
Des messages d'alerte ont été envoyés aux habitants de Marjayoun pour rester en sécurité alors que les troupes avancent vers Debbine. Des témoignages rapportent la présence de chars israéliens sur les routes les reliant.
Le président libanais, Joseph Aoun, a insisté sur le fait qu'une trêve était "indispensable" pour progresser dans les négociations. Le département d'État américain, par l'intermédiaire de Marco Rubio, a exprimé son soutien à Aoun, tout en imputant la responsabilité de la violence en cours à l'action du Hezbollah. Selon des sources militaires, Beyrouth entend insister pour mettre fin aux hostilités et présentera un plan visant à rétablir l'autorité de l'État sur le territoire libanais.







