Les Colombiens ont commencé à voter pour élire leur président dans un contexte où la gauche, qui a remporté les élections il y a quatre ans, cherche à rester au pouvoir. L'opposition de droite promet des solutions sécuritaires face à une violence grandissante des groupes armés.
La Colombie fait face à sa plus grave escalade de violence depuis la signature de l'accord de paix avec les Farc en 2016, avec des assassinats de dirigeants communautaires et des attaques contre des civils. À ce sujet, Sud Ouest rapporte que la situation est alarmante.
Les principaux candidats s'opposent sur la meilleure manière d'affronter un conflit armé qui dure depuis plus de six décennies. La question se pose : continuer les négociations de paix ou recourir à la force ? La constitution colombienne interdit à Gustavo Petro, premier président de gauche de l'histoire, de briguer un deuxième mandat. Pourtant, selon le politologue Yann Basset, "la campagne tourne autour de Petro".
Second tour le 21 juin
Gustavo Petro a réussi à se forger une image populaire en agissant sur la pauvreté et l'inégalité rampant dans un des pays les plus inégalitaires du monde. Cependant, ses politiques de sécurité sont fréquemment critiquées par l'opposition.
Ivan Cepeda, le sénateur de gauche qui a pris la tête des sondages, se concentre sur les réformes sociales et la continuation des tentatives de paix. Toutefois, Abelardo de la Espriella, inspiré par des leaders comme Donald Trump et Nayib Bukele, promet des mesures drastiques contre la criminalité et la corruption, incluant la construction de nouvelles prisons et des frappes sur les organisations criminelles.
Les électeurs colombiens doivent savoir qu'un autre visage de droite, Paloma Valencia, soutenue par l'ancien président Alvaro Uribe, fait également figure de candidate potentielle. Elle plaide pour un renforcement des forces de l'ordre pour assurer une "sécurité totale" dans le pays.
Climat de violences
Le Conseil national électoral (CNE) a tenté de rassurer sur la tenue du scrutin dans un climat de violence, affirmant qu’un cessez-le-feu est souvent instauré par les groupes criminels avant les élections pour garantir un déroulement pacifique du vote.
Ivan Cepeda, fils d'un homme politique communiste tué dans les années 1990, révèle que son programme vise à "éradiquer la pauvreté et corriger les inégalités". Pour l’élection, il met l'accent sur les victimes du conflit, notamment les indigènes et les paysans. "La lutte contre la pauvreté et les inégalités sociales sera notre priorité", a ajouté le candidat récemment.
Abelardo de la Espriella, quant à lui, n'hésite pas à promettre de "détruire la gauche". Il se positionne comme un outsider, désireux de s'adresser aux classes moyennes qui réclament plus de sécurité.







