À partir de ce mercredi, un homme rwandais de 68 ans se retrouve devant un tribunal aux Pays-Bas, soupçonné d'avoir joué un rôle clé dans le massacre de 3.000 Tutsis pendant le génocide de 1994 au Rwanda.
L'accusation, bien que l'identité du suspect demeurre secrète, l'accuse d'avoir été "directement impliqué dans les meurtres de Tutsis", parmi lesquels environ 800.000 personnes ont été exterminées en seulement trois mois.
Ce dernier est également accusé d'avoir orchestré des pillages et des destructions massives ciblant des Tutsis dans la localité de Mbazi, dans le sud du pays. Selon le parquet, "des maisons ont été incendiées, leurs biens dérobés dans un contexte de violence atroce".
Par la suite, autour de 3.000 Tutsis qui s'étaient réfugiés dans un stade de Mbazi ont été tués.
Le suspect fait face à des accusations graves d'incitation et de complicité de génocide, ainsi qu'à celles de crimes de guerre, en lien avec les pillages.
- Un mandat d'arrêt international en cours -
D'après l'ONU, ce sont plus de 800.000 personnes, majoritairement de la minorité tutsi, qui ont perdu la vie lors de massacres orchestrés par des extrémistes hutu en réponse à la mort du président Juvénal Habyarimana dans un attentat contre son avion.
Le suspect était déjà sous le coup d'un mandat d'arrêt international émis par le parquet rwandais en 2014. Cependant, étant devenu citoyen néerlandais, son extradition vers le Rwanda semble compromise. Il vit aux Pays-Bas depuis 1998.
Les enquêtes néerlandaises concernant son implication ont débuté en 2020, et de nombreux témoins, dont certains au Rwanda, ont été entendus.
Le procès se tiendra au tribunal de district de La Haye jusqu'au 29 juin, avec un verdict attendu le 28 août. Ce cas pourrait servir de référence pour des poursuites similaires, dans le cadre du principe de compétence universelle, qui permet de juger les crimes les plus graves, peu importe leur lieu de commission. Plusieurs pays européens ont déjà condamné des complices du génocide rwandais selon ce principe.







