Mercredi, le président Donald Trump a annoncé que les États-Unis procéderaient à des frappes contre l'Iran dans la nuit, tout en assurant que ces nouveaux affrontements ne prolongeraient pas les hostilités. Selon lui, la fin de la violence sur le terrain pourrait survenir "très rapidement", laissant entrevoir la possibilité de réengager des discussions diplomatiques avec Téhéran.
Le président américain a estimé que le cessez-le-feu était désormais caduc, à la lumière des frappes réciproques qui compromettent les efforts en vue d'une trêve durable. Les médiateurs qataris et pakistanais, ainsi que les Nations Unies, ont de nouveau appelé à la désescalade des tensions dans la région.
Le détroit d'Ormuz, passage stratégique pour le transport maritime, est au cœur des frictions. L'Iran continue d'affirmer ses droits de passage en dépit des réticences des États-Unis, menaçant les navires empruntant des itinéraires non autorisés le long de ses côtes.
Ce scénario n'est pas une nouveauté. Des tirs attribués à Téhéran ont touché trois navires commerciaux, suivis de la réponse des États-Unis qui ont bombardé plus de 80 cibles en Iran, selon le rapport de l'armée américaine. Les médias d'État iraniens ont rapporté la mort de huit militaires dans les frappes, notamment à Bandar Abbas et Bouchehr, tandis que des explosions ont été enregistrées à proximité des zones sensibles.
En riposte, l'Iran a affirmé avoir touché 85 installations militaires américaines au Koweït et à Bahreïn. "Ils ont attaqué quelques navires, alors nous avons riposté bien plus fort", a déclaré Trump à l'issue d'une réunion de l'OTAN à Ankara.
Cependant, il a ajouté : "Nous n'avons pas l'intention de faire cela sur le long terme." L'option d'une reprise des négociations n'est pas entièrement exclue, bien qu'il ait avoué ne plus vouloir discuter avec les dirigeants iraniens, jugeant cela inutile.
Les tensions provoquées par les déclarations de Trump ont entraîné une hausse des prix du pétrole, qui ont grimpé de plus de 8 %, atteignant 80,10 dollars le baril de Brent, une référence internationale.
- "Inquiétude majeure" -
Les médiateurs qataris et pakistanais ont réitéré l'importance du protocole d'accord signé le 17 juin et ont incité à travailler vers une désescalade. Le secrétaire général de l'ONU, António Guterres, s'est dit "très inquiet" et a plaidé pour la reprise des négociations.
Selon Ali Vaez, expert au sein du groupe de réflexion International Crisis Group, les déclarations de Trump ne signifient pas nécessairement l'échec du protocole d'accord, et il n'y a pas, à ce stade, de risque imminent de guerre totale. "Les deux parties négocient par la force pour résoudre leurs différends, et les Iraniens, notamment, ne semblent pas prêts à abandonner le contrôle du détroit d'Ormuz, qu'ils considèrent comme leur plus grande victoire dans ce conflit", a-t-il expliqué.
Washington a rétabli mardi ses sanctions sur le pétrole iranien, levées par l'accord qui avait permis une amélioration temporaire de la situation. Cette mesure menace de raviver les tensions dans un domaine où transitent traditionnellement 20 % du brut et du gaz liquéfié mondial.
Malgré d'importants progrès, la rhétorique reste bel et bien martiale de part et d'autre. L'Iran a averti les États-Unis qu'une "violation" de l'accord accueillerait une réponse immédiate pour protéger ses intérêts.
Mark Rutte, le secrétaire général de l'OTAN, a jugé la riposte américaine "absolument nécessaire", affirmant qu'elle témoigne d'une volonté ferme de faire face à cette menace régionale. Ce renforcement des tensions survient alors que les funérailles du guide suprême Ali Khamenei, tué au début des hostilités, sont en cours et que sa dépouille devrait être inhumée à Machhad, en Iran.







