Après plusieurs jours de manifestations nourries par l'inflation galopante, la situation en Iran s'est intensifiée. Les autorités déclarent leur intention d'agir avec fermeté face aux troubles, mais la colère des manifestants semble persister. Selon la télévision d'État, un membre des forces de l'ordre a perdu la vie durant les émeutes, soulignant la tension qui règne actuellement.
Les premières étincelles de cette indignation ont éclaté parmi les vendeurs de téléphones portables dans le grand bazar de Téhéran, avant de trouver écho dans les universités et d'autres villes. Au fil des jours, les slogans pacifiques contre le coût de la vie ont rapidement muté en revendications politiques visant le régime des mollahs. Des chants comme "Reza Pahlavi, notre roi" émergent, appelant au retour de l’héritier du dernier Shah d'Iran, une figure symbolique pour des milliers d’Iraniens nostalgiques.
Des troubles éclatent à travers le pays
À Fasa, dans le sud, des manifestants ont pris d'assaut le bâtiment du gouverneur, provoquant des affrontements violents avec les forces antiémeutes. Une nouvelle tragédie est survenue à Kouhdasht, où un membre du Bassidj, organe paramilitaire des gardiens de la Révolution islamique, a été tué, un événement qui attise davantage les tensions. Même si le scénario actuel n'atteint pas l’ampleur des manifestations de 2019, la situation reste préoccupante.
Sur le plan économique, le gouvernement a reconnu les préoccupations des citoyens. Le président Masoud Pezeshkian a qualifié les revendications des manifestants de "légitimes", un rare moment où les médias d'État ont couvert ces événements d'une manière qui aurait été inimaginable par le passé. Actuellement, la stratégie des autorités semble plus axée sur la prévention que sur la répression. Le gouvernement a même ordonné la fermeture des universités, officiellement pour des raisons d'économies d'énergie en hiver, mais en réalité dans un but de contrôle de la contestation.
Un régime sur la défensive
Le régime iranien est confronté à une fragilité inquiétante, tant sur la scène intérieure qu'internationale. La récente montée des tensions entre l'Iran et Israël, ainsi que les actions militaires américaines, rendent la situation si délicate que les responsables judiciaires menacent de sanctions sévères contre toute tentative de déstabilisation du pouvoir. Bien que le mouvement de contestation semble se consolider, l'absence d'une opposition unifiée et d'un leader charismatique complique les possibilités de changement.
Alors que les prix continuent de grimper, avec une prévision d'inflation dépassant les 50 % pour 2026, les Iraniens se trouvent coincés entre des aspirations de réforme et un gouvernement qui persiste dans ses politiques. La population, déjà exténuée par la crise économique, pourrait voir ses espoirs s’évanouir dans un contexte de répression renouvelée.
Selon des experts cités par Le Monde, la capacité du régime à maintenir le contrôle face à cette colère croissante sera mise à l’épreuve, mais à ce jour, l'appareil sécuritaire continue de dominer la scène politique. Toutefois, une question demeure : jusqu'à quand les Iraniens accepteront-ils cette situation ?







