Le 17 mars, l'Organisation des Nations unies (ONU) a exprimé des préoccupations alarmantes face à l'expansion des colonies israéliennes en Cisjordanie. Un rapport récent du Haut-Commissariat aux droits de l'homme de l'ONU, couvrant la période de novembre 2024 à octobre 2025, révèle que plus de 36 000 Palestiniens ont été déplacés, une situation qualifiée d'« expulsion massive d'une ampleur inédite ».
Cette dynamique de déplacements semble s'inscrire dans une politique concertée de transfert forcé, comme le précise le rapport, qui fait également état des « préoccupations concernant un nettoyage ethnique ». Le Haut-Commissariat mentionne que ces expulsions se produisent en parallèle avec des événements similaires à Gaza, où la situation humanitaire demeure critique.
Fin février, déjà, le Haut-Commissariat avait exprimé ses craintes quant à des actes pouvant « s’apparenter à un crime contre l’humanité », en observant des actions israéliennes qui incluent « l'intensification des attaques, la destruction de quartiers et les refus d'aide humanitaire ». Au cours de la même période, les autorités israéliennes ont approuvé 36 973 logements dans les colonies de Jérusalem-Est et environ 27 200 dans le reste de la Cisjordanie, alors que plus de 500 000 colons israéliens résident déjà dans cette région.
Des actes qui peuvent « s’apparenter à un crime contre l’humanité »
La violence a atteint des niveaux alarmants depuis l'attaque du Hamas contre Israël le 7 octobre 2023, incitant le pays à une réponse militaire intense à Gaza. Cette escalade des tensions a eu des répercussions sur la Cisjordanie, où le nombre d'incidents violents liés aux colons a considérablement augmenté.
Au cours de cette période, 1 732 incidents de violence ont été signalés, comparés à 1 400 l'année précédente. Les rapports soulignent que la violence des colons est « coordonnée, stratégique et largement impunie », le devoir d'action des autorités israéliennes étant remis en question.
Les experts s'accordent à dire que le « transfert illégal » des Palestiniens constitue un crime de guerre, et selon certaines circonstances, cela pourrait être qualifié de « crime contre l'humanité ». Volker Türk, haut-commissaire aux droits de l'homme, appelle Israël à « cesser immédiatement l'expansion des colonies et à permettre aux Palestiniens déplacés de retourner chez eux ».
Le rapport met également en lumière le risque accru pour les communautés bédouines au nord-est de Jérusalem-Est, davantage menacées par les projets de colonisation dans la région.







