Une importante opération de déblocage a été lancée ce samedi matin près de Bordeaux, où un dépôt de carburant était immobilisé depuis mercredi soir par des membres d'un syndicat agricole. Environ une quarantaine d'agriculteurs, accompagnés de trente engins agricoles et plusieurs véhicules légers, ont occupé le site situé à Ambès, sur la commune de Bassens, bloquant l'accès aux installations.
Soutenus par la Coordination rurale, ces agriculteurs expriment leur mécontentement face à la gestion par l'État de l'épizootie de dermatose nodulaire bovine (DNC), une crise qui a suscité une agitation croissante dans le secteur agricole. Selon Vincent Colineau, un des dirigeants du syndicat, près de cinquante agriculteurs ont passé la nuit sur le site. « On ne va pas quitter les lieux », a-t-il déclaré avec détermination, estimant que les mesures annoncées par le gouvernement le jour précédent ne suffiraient pas à apaiser leurs inquiétudes.
Cette mobilisation s'inscrit dans un contexte plus large de contestation, avec des actions menées à Paris, où des tracteurs ont envahi les voies tôt dans la semaine pour dénoncer l'accord de libre-échange prévu entre l'Union européenne et le Mercosur, qui devrait être signé ce samedi au Paraguay. Les agriculteurs craignent que cet accord nuise à leur secteur, en augmentant la concurrence avec des produits importés moins coûteux, comme le rapportent plusieurs sources, y compris le Monde.
La ministre de l'Agriculture, Annie Genevard, a annoncé un ensemble de mesures visant à apaiser les tensions, incluant un budget de 300 millions d'euros pour répondre aux préoccupations des agriculteurs, telles que le doublement du fonds d'indemnisation de la DNC et des aides ciblées sur les engrais. Toutefois, beaucoup restent sceptiques quant à l'impact réel de ces initiatives.
Les experts s'interrogent sur l'avenir de l'agriculture française face à ces enjeux, soulignant que les agriculteurs, notamment en Nouvelle-Aquitaine, se sentent souvent délaissés par une administration qui peine à répondre à leurs attentes. Les voix de la fronde continuent de s'élever, illustrant une ligne de fracture entre les agriculteurs et les décideurs politiques dans un contexte économique de plus en plus fragile.







