Le président guatémaltèque, Bernardo Arevalo, a déclaré dimanche un état de siège à l'échelle nationale en réaction à une flambée de violence orchestrée par les gangs. Cette décision survient après le meurtre de huit agents de police, victimes des représentations d'un crime organisé de plus en plus puissant.
« Nous avons le devoir de protéger nos concitoyens », a annoncé Arevalo lors d'une allocution, soulignant l'urgence d'une réponse sévère face à la menace grandissante que représentent des organisations criminelles comme le Barrio 18 et la Mara Salvatrucha. Ces deux gangs, jugés responsables d'une grande part des meurtres et extorsions dans le pays, s'opposentselon plusieurs sources, notamment Le Monde, à une politique de sécurité renforcée qui vise à transférer leurs chefs vers des établissements pénitentiaires de haute sécurité.
Le nouvel état de siège suspend certaines libertés civiles, telles que le droit de réunion, et permet aux forces de l'ordre d'opérer sans mandats judiciaires. Cette mesure a été prise pour rétablir l'ordre dans plusieurs prisons où des mutineries ont récemment eu lieu, menaçant la vie de 46 personnes prises en otage.
Les forces de police ont finalement réussi à reprendre le contrôle lors d'une opération audacieuse, au cours de laquelle plusieurs otages ont été libérés. La ministre de l'Intérieur, Marco Antonio Villeda, a qualifié ces mutineries de « réactions désespérées » face à l'application de la loi. La situation au Guatemala est alarmante, avec un taux d'homicides dépassant les 16 pour 100 000 habitants, un chiffre qui place le pays parmi les plus violents au monde, selon des données de la Amnesty International.
Des experts en sécurité, comme le sociologue et analyste Javier Sánchez, relèvent les effets dévastateurs de ces gangs sur la société guatémaltèque : « La crainte d'une violence généralisée pèse lourdement sur la population. L'État doit agir avec détermination, mais également dans le respect des droits humains pour éviter une escalade incontrôlable. »
Trois jours de deuil national ont été décrétés par le gouvernement en mémoire des policiers tombés, et l'appel à l'unité nationale résonne parmi les leaders politiques. Le président du Parlement, Luis Contreras, a déclaré : « C'est un moment douloureux et critique pour notre histoire, nous devons nous rassembler pour surmonter cette épreuve. » Alors que l'état de siège doit encore être ratifié par le Parlement, qui est majoritairement contrôlé par l'opposition, la tension demeure palpable au sein du pays.







