Londres (AFP) – Une nouvelle étape dans la lutte acharnée du prince Harry contre la presse à sensation a débuté ce lundi à Londres. Le fils cadet du roi Charles III poursuit l'éditeur du Daily Mail, qu'il accuse d'avoir recueilli des informations sur sa vie privée de manière illégale.
Actuellement résident en Californie avec son épouse Meghan et leurs deux enfants, le prince Harry est attendu à la Haute Cour pour le début de ce procès. Selon les informations du calendrier judiciaire, il devrait témoigner toute la journée de jeudi, reprenant ainsi son rôle de témoin dans une affaire qui pourrait redéfinir les limites entre vie privée et intérêt public.
Ce procès est considéré comme une étape décisive dans la campagne du prince, âgé de 41 ans, contre les pratiques illégales des médias. Son équipe indique qu'il s'agit de la dernière action juridique effectuée par le prince contre les éditeurs de tabloïds pour des abus similaires.
Aux côtés de Harry, sept autres personnalités, dont le chanteur Elton John et les actrices Elizabeth Hurley et Sadie Frost, poursuivent Associated Newspapers Limited (ANL), l'éditeur du Daily Mail. Tous l'accusent d'avoir utilisé des détectives privés pour espionner leurs conversations et de pirater leurs téléphones, principalement entre 1993 et 2011. Selon une enquête menée par le Guardian, ces pratiques ont été répandues parmi les tabloïds britanniques, soulevant des questions éthiques majeures.
Le groupe ANL a vigoureusement réfuté ces accusations, qualifiant ces allégations d'« absurdes » dans des déclarations antérieures. Le procès, qui devrait s'étendre sur neuf semaines, pourrait avoir des répercussions significatives sur l'industrie médiatique en Grande-Bretagne.
Pour Harry, qui a toujours blâmé les paparazzis pour la mort tragique de sa mère, la princesse Diana, en 1997, cette nouvelle bataille judiciaire est personnelle. Selon Mark Stephens, avocat spécialisé dans les médias, le prince est déterminé à aller au fond des choses ; il est profondément affecté par l'impact que ces pratiques ont eu sur sa vie.
En 2023, Harry avait déjà obtenu une victoire juridique contre l'éditeur du Daily Mirror, se voyant accorder des dommages et intérêts pour les atteintes à sa vie privée. Lors de ce procès, il avait décrit les méthodes des tabloïds comme des pratiques « ignobles », témoignant d'une « paranoïa » constante face aux intrusions. Ce contexte rend son retour à Londres encore plus significatif, alors qu'il s'efforce de redéfinir sa relation avec les médias.
S'il ne devrait pas croiser son père, le roi Charles III, qui se trouve en Écosse, Harry espère néanmoins travailler à une réconciliation familiale à long terme. Le prince a exprimé à plusieurs reprises son désir de renouer les liens avec sa famille, en particulier dans un moment où les relations familiales sont plus que nécessaires.
Chaque visite de Harry au Royaume-Uni soulève également des questions de sécurité, un sujet particulièrement sensible depuis qu'il a perdu une action en justice visant à obtenir une protection policière similaire à celle dont il jouissait en tant que membre actif de la famille royale. Malgré cela, des évaluations de risques sont en cours, et les autorités pourraient éventuellement rétablir une protection pour ses séjours.
Les répercussions de ce procès seront suivies de près par les médias et le public, alors que l'affaire soulève des questions sur le droit à la vie privée et les limites de la liberté de la presse.







