La dernière adaptation du best-seller de Maggie O’Farrell évoque la tragédie personnelle de Shakespeare, plongé dans l'angoisse de la perte de son fils Hamnet à l'âge de 11 ans. Ce chef-d'œuvre cinématographique est porté par les performances émotionnelles de Jessie Buckley et Paul Mescal, qui rendent hommage à un amour touché par le chagrin.
Hamnet se déploie comme une "tragédie montante". La narration se déroule tel un flot, emportant progressivement le spectateur dans une marée d’émotions, où la joie et l'amour se vident face à la douleur et la perte. Chloé Zhao, réalisatrice primée aux Oscars, réussit à articuler cette tristesse délicate avec un style visuel épuré, pratiqué par son équipe de production, dont les célèbres Steven Spielberg et Sam Mendès, se révélant à la fois comme une adaptation et une œuvre d'art à part entière, comme l'explique Le Monde.
Focus sur le couple Shakespeare
Ce film suit de près la dynamique passionnée entre William Shakespeare, interprété par Paul Mescal, et sa femme Anne Hathaway, connue ici sous le nom d’Agnès, incarnée par Jessie Buckley. Leur rencontre est dépeinte comme une romance enchantée, alors que Shakespeare lutte pour échapper aux dettes parentales tout en enseignement le latin à des enfants privilégiés. Leurs interactions forment le cœur battant du récit, offrant un aperçu rare sur la vie personnelle de l'illustre dramaturge.
La narration de Hamnet commence sur un ton romantique et presque magique, soulignée par la magnifique direction artistique de Lukasz Zal, qui évoque une fable intemporelle. Buckley, ayant remporté un Golden Globe pour son interprétation, incarne Agnès avec une intensité qui oscille entre la douceur et la force, faisant d'elle un personnage complexe englobant les thèmes de la maternité, de la guérison et des visions prophétiques.
La douleur qui change tout
La mort d'Hamnet, survenue en 1596, transforme le film en une authentique tragédie spirituelle, portée par les performances sincères de ses acteurs. Paul Mescal offre une représentation touchante de Shakespeare, livrant une profondeur émotionnelle qui transcende le simple récit ; son personnage évolue de la joie à une douleur écrasante. Cela se manifeste lorsque son époux, en pleine gloire à Londres, laisse derrière lui une famille en souffrance.,
Après la perte de son fils, Shakespeare écrira Hamlet, une pièce qui, bien que son écriture ne soit pas expliquée, semble intimement liée à son chagrin. La façon dont le film suggère cette connexion est une démonstration réussie de la capacité de Zhao à évoquer des émotions sans jamais tomber dans le mélodramatique. Le film s'avère être un voyage jusqu'à l'âme d'Agnès, ce qui rend la scène finale, où elle perçoit la pièce Hamlet, particulièrement puissante, comme l’indique Culture Box.
Hamnet, de Chloé Zhao, est en salles dès le mercredi 21 janvier. Durée : 2h05.







