Le groupe industriel français Orano a déclaré mercredi 21 janvier qu'il engagerait des poursuites judiciaires contre l'État nigérien, qui a procédé à son expropriation. De plus, la société a révélé qu'un chargement d'uranium, ayant quitté récemment son site de Somaïr, est immobilisé à l'aéroport de Niamey depuis plusieurs semaines.
Fin novembre 2025, Orano avait signalé qu'un stock de concentré d'uranium, autrefois détenu à hauteur de 63,4 % par le groupe français au sein de la Somaïr, se trouve désormais bloqué. Le président du conseil d'administration, Claude Imauven, a précisé devant le Sénat que « une partie du stock a été déplacée par la junte depuis Arlit jusqu'à Niamey », ajoutant qu'il n'avait pas davantage d'informations sur sa destination.
Cette affaire fait écho à la politique de souveraineté revendiquée par le régime militaire en place au Niger, qui a récemment pris ses distances avec la France au profit de rapprochements avec des puissances comme la Russie. En novembre 2025, l'État nigérien avait annoncé son intention de vendre cet uranium sur le marché international, après avoir nationalisé la Somaïr.
Quatre procédures d’arbitrage
Lors d’une visite récente à Niamey, le ministre russe de l'énergie a exprimé l'intention de son pays d'exploiter l'uranium nigérien. Claude Imauven s'est montré ferme dans ses déclarations, affirmant : « Nous continuerons nos actions juridiques contre l'État nigérien, mais aussi contre toute entité essayant de s'emparer de ces ressources ».
Orano a engagé quatre procédures d'arbitrage pour défendre ses droits, dont l'une a été jugée en sa faveur, imposant à l'État nigérien de ne pas toucher aux stocks de la Somaïr. La valeur commerciale de ces réserves est estimée à 300 millions d'euros.
Des images satellites ont révélé l'arrivée de 34 camions à l'aéroport de Niamey entre le 3 et 5 décembre 2025. Bien que la connexion directe avec l'uranium nigérien reste incertaine, des journalistes du groupe Wamaps ont rapporté que ces camions pourraient bien être liés aux 1 000 tonnes d'uranium préalablement exportées depuis Arlit. La destination finale de cet envoi demeure secrète, tout comme les modalités de son transport.







