Face au dérèglement climatique, l'agriculture urbaine est en plein essor. Les toits des immeubles urbains représentent des surfaces prometteuses pour l'agriculture et même l'élevage. Mais ces projets sont-ils réalisables ou relèvent-ils plutôt de l'utopie ?
L'importance d'une planification rigoureuse
La période de confinement a accentué notre désir d'intégrer plus de nature en milieu urbain, favorisant ainsi les circuits courts et la production locale. Toutefois, le recours à l'agriculture urbaine nécessite une préparation adéquate. Aménager une toiture-terrasse ne se résume pas à un simple projet. Cela implique de prendre en compte les contraintes spécifiques liées à chaque toit, que ce soit sa forme, sa structure, ou son accessibilité. Chaque projet doit donc être soigneusement élaboré, en intégrant des clés d’expertise et de stratégie pour garantir son succès.
Les techniques de culture adaptées aux toitures
En principe, le toit d’un bâtiment n'est pas en terre. C'est pourquoi on privilégie les cultures "hors sol", alors que l'on parle de culture en plein champ pour les terres naturelles. Les substrats peuvent être organiques, comme la terre ou le terreau, ou inorganiques, tels que les billes d'argile ou l'eau agrémentée de nutriments, utilisés dans les systèmes de cultures hydroponiques, aéroponiques ou bioponiques.
Les techniques varient selon les projets : microfermes, jardins collectifs ou terrasses comestibles de restaurants. Chacune de ces initiatives offre une pluralité d'approches pour une agriculture urbaine durable.
Les bénéfices d'une toiture-terrasse
Indépendamment de la technique choisie, un projet d'agriculture urbaine crée une dynamique de coopération entre la ville et ses habitants, essentielle pour aborder les enjeux sociaux et économiques contemporains.
Les avantages d'une toiture-terrasse sont multiples : elles contribuent à la gestion des eaux pluviales, favorisent la biodiversité en servant de refuge pour les pollinisateurs, et améliorent l'isolation thermique du bâtiment. Toutefois, la pollution urbaine (de l'eau, de l'air) présente des défis indéniables, notamment lorsque le substrat utilisé est de qualité douteuse.
Cela souligne l’importance d’un modèle d’économie circulaire : collecte d’eau de pluie, filtration des eaux usées, et compostage des déchets organiques, afin de réduire la gestion externe des déchets. L'ajout de panneaux photovoltaïques peut également optimiser ces espaces en fournissant de l'énergie ou en chauffant des serres.
Les risques d'un projet mal préparé
Sans une planification adéquate, toute tentative d'aménager une toiture-terrasse risque d'échouer. Les enjeux sont trop significatifs pour se permettre un échec, surtout compte tenu des bénéfices à la clé.
Pour les intéressés souhaitant approfondir la question, le guide technique opérationnel et pratique “Agriculture urbaine – Comment aménager une toiture-terrasse”* de Fanny Provent et Paola Mugnier est une ressource précieuse. Préfacé par Christine Aubry, ce livre fournit des outils pratiques pour réussir un projet de toiture-terrasse.
Cet ouvrage aborde successivement :
- la compréhension de l’espace pour vérifier la conformité réglementaire et s’adapter aux caractéristiques microclimatiques;
- les éléments structurels pour garantir la sécurité et l’adéquation des cultures sur le toit;
- la gestion des flux essentiels à la culture, telles que l’alimentation en eau et l’accès électrique.
Les initiatives d'agriculture urbaine se multiplient, impliquant divers acteurs, des start-ups aux collectivités locales. Ce guide offre également de nombreux exemples de réussites en France, inspirant ainsi de futurs projets.
(crédit photo 1 : Hugo Noulin - CC BY-NC 2.0)
* Editions Eyrolles - 2 juillet 2020 - 128 pages - 17,50 €







