Situé au Salvador, un pays avec le taux d'incarcération le plus élevé au monde, le Cecot se dresse comme la plus vaste prison du continent. L'équipe d'Envoyé spécial a eu accès à cet établissement redouté, véritable vitrine du "modèle Bukele" établi sous le régime de Nayib Bukele.
En mars 2022, après une série de meurtres d'une ampleur sans précédent (87 homicides en un week-end), le président Bukele, qui a pris les rênes en 2019, a déclaré une guerre féroce contre les "pandillas", les gangs qui sèment la terreur au sein de la population. Proclamant l'état d'exception, les arrestations se font à une cadence alarmante, au point que la simple présence de tatouages peut suffire à incarcérer une personne. Aujourd'hui, plus de 75 000 Salvadoriens sont derrière les barreaux, un chiffre alarmant pour une société déjà éprouvée.
Le Cecot, le Centre de confinement du terrorisme, a été construit en seulement sept mois et peut accueillir les détenus dans des conditions cauchemardesques. Les prisonniers sont entassés par centaines, avec une moyenne de cent personnes par cellule. Les conditions de vie sont sordides : pas de matelas ni d'oreiller, juste deux réservoirs d'eau et une misérable cuvette pour les besoins naturels. La lumière électrique éclaire l'endroit 24 heures sur 24, tandis que les prisonniers n'ont droit qu'à une demi-heure d'exercice quotidien, sans appel ni visite autorisés. Des associations de défense des droits humains condamnent ces pratiques, soulignant même des cas de torture rapportés par des détenus.
Des membres du Barrio 18 et de la MS-13, les deux principales "pandillas"
Pendant la visite, le directeur Belarmino Garcia a fait sortir deux individus sélectionnés pour leur degré d'engagement au sein des gangs : un représentant de Barrio 18 et un de la MS-13, les groupes criminels les plus influents du pays. Ils sont logés dans des cellules d'isolement, où des prisonniers jugés agressifs peuvent rester enfermés jusqu'à trente jours, souvent dans des conditions insupportables. Ces espaces exigus et étouffants, dépourvus de confort, voient le thermomètre atteindre des températures proches de 40 degrés Celsius.
Le directeur a également brièvement exposé la situation de leaders de gangs, dont l'un a reçu une peine de plus de 780 ans de réclusion. Cette politique agressive de répression des gangs a indéniablement fait grimper la popularité de Nayib Bukele, qui vient d'être réélu avec un impressionnant taux de 85 % des voix.
Extrait de "Salvador : sous la prison, la plage", un reportage à ne pas manquer dans Envoyé spécial du 22 janvier 2026.
> Retrouver tous les replays des magazines d'info de France Télévisions sur le site de franceinfo, dans la rubrique Les émissions.







